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L’Ordre des infirmières enquêtera aussi sur le Manoir Liverpool

La copropriétaire de la résidence est membre de l’ordre professionnel

Le Manoir Liverpool
Photo Stevens LeBlanc Le Manoir Liverpool

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Après le CISSS de Chaudière-Appalaches et le ministère de la Santé, c’est au tour de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) de se pencher sur le cas du Manoir Liverpool. Une enquête a été ouverte par la direction du bureau du syndic.

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Le président de l’Ordre explique que le bureau du syndic a le pouvoir de se pencher sur certains événements avant même que des plaintes soient déposées.

«Dans ce cas-ci, c’était assez évident qu’il allait y avoir une enquête», souligne Luc Mathieu à propos du rapport du CISSS de Chaudière-Appalaches faisant état de maltraitance au Manoir Liverpool de Lévis.

L’enquête de l’organisation a permis de démontrer que de graves lacunes au niveau de l’hygiène et de l’alimentation des résidents avaient cours depuis quelques années, tout comme des problèmes de salubrité.

La proprio membre de l’Ordre

La copropriétaire du Manoir Liverpool Manon Belleau est membre de l’OIIQ depuis 1997. Sur le site web de l’organisation, on y apprend qu’elle «est présentement inscrite au Tableau 2020-2021 avec plein droit d’exercice jusqu’au 31 mars 2021».

Luc Mathieu précise toutefois que l’investigation du bureau du syndic ne touche pas que Mme Belleau.

«L’enquête va déterminer s’il y a d’autres infirmières ou infirmiers, ce qu’on ne sait pas pour le moment. L’enquête va déterminer s’il y a lieu de se pencher sur la pratique d’autres intervenants», précise le président de l’Ordre.

Au terme de l’enquête, le bureau du syndic pourrait recommander le dépôt de plaintes au conseil de discipline. Ultimement, selon la gravité des infractions observées, les gens visés pourraient aller jusqu’à perdre leur droit d’exercice de la profession d’infirmière.

«Tout dépendant de la preuve et de la recommandation du conseil de discipline, ça peut être une révocation de permis temporaire jusqu’à une radiation de l’Ordre ou une révocation complète du permis», explique Luc Mathieu.

Le Journal a questionné la propriétaire de la résidence sur cette enquête de son ordre professionnel. Par l’entremise d’une porte-parole, Manon Belleau souligne tout simplement «ne pas avoir été contactée à ce jour».

Un ancien employé souhaitait porter plainte

Un ancien employé du Manoir Liverpool avec qui Le Journal s’est entretenu souhaitait que l’Ordre ouvre ce genre de processus. Hugues Tremblay a travaillé comme infirmier auxiliaire dans la résidence pour aînés.

«Je suis parti parce que j’avais peur que mon propre droit de pratique soit mis en danger. J’espère donc qu’ils vont se pencher sur celui des responsables», souligne M. Tremblay, ciblant plus particulièrement Manon Belleau, copropriétaire de la résidence.

Hugues Tremblay affirme avoir l’intention de porter plainte à l’OIIQ pour accentuer la pression dans le processus.

«Ils doivent être tenus responsables», croit l’ancien employé, qui a participé à l’enquête interne du CISSS de Chaudière-Appalaches.