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Québec solidaire: problème non réglé

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Lors du face-à-face à TVA en 2018, Jean-François Lisée s’est infligé un dommage considérable en sortant horriblement du sujet. Le chef du PQ lançait une critique sur le fonctionnement de Québec solidaire dans un segment sur l’accès à un médecin de famille.

Pire, monsieur Lisée a voulu jouer du coude avec le respecté animateur Pierre Bruneau, lorsque ce dernier a voulu le ramener dans le sujet. Le jugement du public fut implacable, les péquistes eux-mêmes s’avouaient gênés le lendemain. La campagne de monsieur Lisée s’est très mal terminée.

Jean-François Lisée s’était gouré sur la forme et sur le moment. À un point tel que le fond de l’affaire fut éclipsé. Il soulevait une irrégularité réelle : le fait que ni Manon Massé ni Gabriel Nadeau-Dubois n’étaient, du point de vue légal, chefs de leur parti.

Ils agissaient comme chef et se désignaient comme co-porte-parole. Mais si vous preniez la peine d’aller dans le registre officiel du Directeur général des élections, le syndicaliste Gaétan Châteauneuf était bel et bien désigné comme « chef du parti ».

Nouveau chef !

D’ailleurs, le 20 novembre dernier, Québec solidaire a officiellement remplacé monsieur Châteauneuf par un autre personnage sous le radar : Nicolas Chatel-Launay. Allez vérifier sur le site du DGE. 

Jusqu’à maintenant, les dirigeants de Québec solidaire ont soutenu que cette affaire est une peccadille. Ce n’est qu’un nom inscrit tout bonnement. Le parti étant original et innovateur, il ne rentre pas dans les cases du moule électoral québécois.  

Cette explication ne tient pas la route. Les lois régissant le fonctionnement des partis politiques donnent aux chefs des partis des responsabilités importantes. Le chef signe la déclaration solennelle accompagnant le rapport financier du parti déposé au DGE. Ces dispositions ont d’ailleurs été renforcées à la suite de la commission Charbonneau.

Responsabilités importantes

Le chef doit signer une lettre à chacun des candidats pour l’autoriser à porter les couleurs du parti. Ceci rend le chef imputable du choix des candidats. Si une personne avec des taches dans son passé passe entre les mailles du filet, le chef est l’ultime responsable.

Évidemment, le chef n’est pas seul. Ses responsabilités s’exercent conjointement avec une équipe, avec les instances d’un parti. Mais la loi fait du chef une instance en soi. Ce n’est pas un hasard. Il y a là une lourde responsabilité, qui est à la hauteur de la responsabilité qui incombera au chef du parti qui gagne l’élection : devenir premier ministre du Québec. 

Québec solidaire soumet un inconnu au poids de ces responsabilités. Ceux qui sont les figures publiques se soustraient à une foule d’obligations légales. Si vous allez voir le rapport financier de la CAQ, vous y verrez la déclaration officielle signée de la main de François Legault. Sur le rapport libéral, vous verrez le nom de Dominique Anglade.

Le quinzième anniversaire de Québec solidaire a été célébré en rêvant d’accession au pouvoir. Cette anomalie ne peut perdurer.