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Le krach aérien canadien

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Photos AFP et courtoisie Il n’est pas du tout impossible que, dans quelques mois, le Canada n’ait plus que deux grands transporteurs aériens nationaux, Air Canada et WestJet.

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Ça va vraiment mal dans l’industrie du transport aérien.

Au rythme où l’état des finances des compagnies aériennes se détériore à cause de la paralysie quasi totale du trafic aérien en raison de la pandémie du coronavirus, on risque de se retrouver avec seulement deux grands transporteurs d’ici la fin de l’année.

Et les deux survivants seront Air Canada et WestJet.

Air Canada parce que c’est « le » transporteur national, le plus gros et le plus solide de toutes les compagnies aériennes canadiennes. En 2019, Air Canada avait déclaré un bénéfice net de 1,48 milliard $, sur un volume d’affaires de 19,1 milliards $.

Et l’autre survivant, WestJet, comme la compagnie fait maintenant partie du conglomérat Onex, celui-ci a évidemment les moyens financiers de soutenir sa filiale WestJet en temps de crise. Onex compte sur des actifs de 38 milliards US $, et des revenus annuels de 28 milliards US $. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

LA VENTE DE TRANSAT

Pour l’heure, Air Canada n’attend que le feu vert de Transport Canada et de la Commission européenne pour officialiser l’acquisition de Transat. Comme on sait, les actionnaires de Transat ont voté en faveur de l’offre d’achat, même si le prix offert a été révisé à une fraction de l’offre initiale, soit 5 $ l’action au lieu de 18 $.

Même si Air Canada a elle aussi les finances fragilisées, l’acquisition de Transat représente, pour elle, une sacrée bonne aubaine parce que cela lui permettrait ainsi de mettre le grappin sur son principal concurrent dans l’industrie du voyage vacances.  

Grandement fragilisée par la paralysie totale de ses activités d’ici au moins avril, on ne voit pas comment Transat pourrait financièrement survivre sans l’apport extérieur de capitaux neufs. Et dans les circonstances actuelles, seule la société Air Canada est officiellement sur les rangs pour « sauver » Transat du précipice. Advenant le refus de la Commission européenne ou de Transport Canada de donner le feu vert à la transaction de vente de Transat à Air Canada, un autre groupe pourrait éventuellement faire une offre d’achat et sauver le « fleuron » québécois. On se rappellera que Pierre Karl Péladeau avait déposé une offre à 6,00 $ l’action, offre que la haute direction de Transat avait décidé de ne pas présenter aux actionnaires.

L’AVENIR DE SUNWING

Le week-end dernier, la direction de Sunwing, le 4e plus important transporteur aérien au Canada, a annoncé avoir reçu une offre d’achat. On ne sait pas qui a fait l’offre.

Les « rumeurs » qui circulent dans l’air pointent WestJet. C’est d’autant plausible que Sunwing et WestJet ont eu, dans le passé, plusieurs discussions, sans toutefois aboutir à des offres concrètes de fiançailles ou de mariage de la part de l’un ou de l’autre. 

Selon Wikipédia, Sunwing est la propriété de la famille Hunter et de TUI Group, d’Allemagne, qui détiendrait pour sa part 49 % de la compagnie. TUI est l’un des groupes les plus importants au monde dans le domaine des voyages de loisirs.

Le problème de TUI ? À l’instar d’Air Canada et de Transat, l’action de TUI a fondu comme neige au soleil depuis le déclenchement de la pandémie du coronavirus. D’une société rentable, TUI est également tombée dans le rouge foncé, tout comme nos deux transporteurs.

Était-ce un signe avant-coureur? Toujours est-il que Sunwing s’est récemment prononcée en faveur de la vente de Transat à Air Canada.

Alors que WestJet, elle, s’était prononcée contre la mainmise d’Air Canada sur Transat.

Mais c’était avant la paralysie totale ou presque des vols d’ici avril prochain...

Peut-être que WestJet a changé d’avis le week-end dernier et qu’elle voit maintenant d’un bon œil la consolidation dans le voyage vacances !