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Le presbytère de Saint-Michel vidé de ses occupants

Plusieurs personnes s’inquiètent du sort réservé à ce «bijou patrimonial»

L’ancien presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse n’est pas classé site patrimonial national, malgré sa valeur historique «inestimable» pour le Québec, selon plusieurs.
Photo Stevens LeBlanc L’ancien presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse n’est pas classé site patrimonial national, malgré sa valeur historique «inestimable» pour le Québec, selon plusieurs.

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Les inquiétudes s'accentuent au sujet du sort de l’ancien presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse, l'un des plus vieux bâtiments de ce type en Amérique du Nord, alors que la municipalité expulse ses derniers occupants.

Le presbytère de Saint-Michel est au cœur d’une saga qui s’étire dans la municipalité de Bellechasse. Des groupes citoyens étaient déjà alarmés par les démarches de la Ville pour renégocier une entente qui garantissait la préservation du bâtiment de 1739.

La renégociation ayant échoué, la municipalité a donc utilisé une clause de l’entente pour expulser les deux derniers locataires, soit la Fabrique Saint-Benoît-de-Bellechasse et Les Cimetières des seigneuries de Bellechasse. Le directeur général de la paroisse Saint-Benoît, Simon Noël, estime que la Ville a agi «par représailles». Le maire, Éric Tessier, s’en défend.

Délai demandé

La Fabrique doit avoir libéré les lieux pour le 17 février. «Nous avons demandé un délai», indique M. Noël. Le maire Tessier indique qu’il reviendra au conseil de décider.

Le fait que le bâtiment sera désormais vide inquiète grandement la conseillère Sylvie Lauzon, opposée au maire, le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) et plusieurs citoyens. Pour Gaston Cadrin, du GIRAM, le maire a un «mépris du patrimoine, parce que ça coûte cher».

L’ancien presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse n’est pas classé site patrimonial national, malgré sa valeur historique «inestimable» pour le Québec, selon plusieurs.
Photo Stevens LeBlanc

Consultation

Mme Lauzon considère que le bâtiment est un «bijou patrimonial». Elle a mené une consultation auprès des citoyens. «Ils veulent le sauver», dit-elle. Elle imagine en ses murs un centre d’excellence sur le patrimoine.

Le maire assure qu’il n’est nullement dans les plans de démolir le presbytère ou la grange à dîme située tout près. «En aucun temps il n’a été traité de démolition ou de dézonage sauvage afin de permettre une densification non respectueuse.» Mais il ne détaille pas les intentions de la municipalité. Il ne garantit pas non plus que les terrains autour seront préservés tels quels. «Il y a peut-être des terrains autour qui mériteraient un dézonage pour éviter des caries urbaines.»

«On peut rêver, mais il faut d’abord savoir avant tout si la municipalité est le meilleur véhicule afin de mener à terme un projet.»

Classement demandé

Au cabinet de la ministre de la Culture Nathalie Roy on indique que la demande de classement national faite l’automne dernier par le GIRAM est toujours en analyse. La ministre rappelle les obligations de la municipalité.

«Le presbytère dont est propriétaire la municipalité se trouve dans le site du patrimoine de Saint-Michel-de-Bellechasse. Ce site jouit d'une protection patrimoniale, étant cité par la municipalité. Celle-ci doit donc prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation de la valeur patrimoniale du site.»

FAITS SAILLANTS   

  • Ancien presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse  
  • Construit en 1739 et agrandi en 1790.  
  • L’un des plus anciens presbytères en Amérique du Nord  
  • A été au cœur de l’histoire du Québec, notamment comme lieu stratégique de la guerre de la Conquête de 1759 et de l’invasion américaine de 1775.   
  • Dans son voisinage se trouve toujours sa grange à dîme du milieu du XIXe siècle