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Les solidaires, prisonniers de leur base militante

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Les solidaires sont prisonniers de leur base militante.

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Quinze ans après sa création, on pourrait se demander si Québec solidaire devient progressivement un parti de gouvernement, ou s’il est condamné à demeurer encore longtemps un parti protestataire. 

La question est moins simple qu’il n’y paraît. 

La réponse variera selon l’angle qu’on adopte.

L’aile parlementaire de QS ne manque pas de talent. Certains députés se démarquent. 

Manon Massé y incarne une forme de populisme de gauche qui veut donner une voix aux catégories sociales les plus défavorisées. Qu’on l’apprécie ou non, elle le fait avec talent. Gabriel Nadeau-Dubois a quant à lui réussi sa reconversion professionnelle. L’agitateur étudiant de 2012 est devenu un député soucieux d’avoir l’air sérieux, ce qui lui va bien. 

Parlementaires

Alexandre Leduc est un parlementaire compétent lui aussi. Quant à Émilise Lessard-Therrien, elle témoigne de la capacité pour QS de sortir du périmètre de la gauche mondaine et de s’ancrer dans le Québec des régions. 

Quand QS parle des questions sociales, il fait entendre un point de vue nécessaire. Le capitalisme a besoin de critiques, qui ne souscrivent pas à ses principes et qui, toujours, rappellent à la société l’existence des laissés pour compte. Il n’est pas le seul à occuper ce créneau, mais il n’est pas de trop.

Mais quand il aborde les questions identitaires, QS part en vrille. 

Il devient la caisse de résonnance des idées de la gauche radicale dans ce qu’elle a de plus toxique. 

Le courant nationaliste qui était présent aux origines du parti s’est laissé déclasser par ce qu’on appelle aujourd’hui la gauche woke, comme en témoigne l’hostilité de QS à la laïcité, sa promotion de la théorie du racisme systémique et sa tiédeur dans la défense de la liberté académique. Sur ces sujets, QS a l’air de l’aile gauche du Parti libéral du Canada. D’ailleurs, le parti a beau se dire souverainiste, l’indépendance n’est manifestement pas dans ses priorités. 

Ce qui nous conduit à l’autre angle à partir duquel nous pouvons observer ce parti. 

Si on regarde QS en tenant compte de sa base militante, il faut constater qu’il s’agit du lieu de convergence des forces de la gauche militante la plus radicale, qui s’y investissent. Elle leur accorde un haut-parleur politique.

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Radicaux

Il n’est pas interdit de penser qu’ils exercent une puissante influence sur les orientations de ce parti et le tiennent en otage. Un dénommé Jean-François Lisée, en 2018, avait voulu nous en alerter. 

Pourtant, cette dimension est trop peu considérée dans les médias. On accorde symboliquement à QS le titre de parti généreux, sans s’inquiéter des éléments troubles qui s’y agitent. Quels rôles joueraient-ils dans un gouvernement QS ? 

Pourtant, lorsqu’il s’agit des autres partis, on se montre très vigilant. Mais la gauche radicale inquiète moins que les autres courants radicaux. Elle ne mérite pourtant pas une telle présomption d’empathie. 

Comment réagirait l’électorat s’il était exposé à tous les excès idéologiques qu’on trouve dans ce parti ?