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Le triste démantèlement d’une multinationale d’ici

Assemblée Bombardier
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin La descente aux enfers de Bombardier a débuté en 2014, la dernière année du règne de Pierre Beaudoin en tant que PDG de l’entreprise.

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Bombardier n’est plus que l’ombre d’elle-même !

Force est-il de le constater à la lumière des résultats financiers de l’exercice 2020 où la multinationale de la famille des Beaudoin-Bombardier déclare des revenus de 6,49 milliards de dollars américains, à comparer à 20 milliards $ US en 2014. Le volume d’affaires de Bombardier a ainsi chuté de 68 % en six ans. 

Sur les quatre grandes divisions qui composaient Bombardier, il ne reste que celle des « Avions d’affaires ». 

Les trois autres divisions qui ont fait la réputation de Bombardier durant des décennies ont été cédées : la division « Avions commerciaux » avec la C Series, les avions Q400 et CRJ ; la division « Aérostructures et services d’ingénierie » ; et la grande division « Transport », un leader mondial dans le ferroviaire.

L’ŒUVRE DE BELLEMARE

L’entreprise s’est mise à péricliter sans relâche ou presque à partir de la dernière année de Pierre Beaudoin à la tête de Bombardier et de son remplacement, en février 2015, par Alain Bellemare.

La restructuration lancée sous Alain Bellemare en 2015 a mené à un démantèlement sans précédent de la multinationale québécoise.

De telle sorte que Bombardier, sous la direction du nouveau PDG Éric Martel, ne se retrouve aujourd’hui active que dans le secteur des avions d’affaires avec ses Learjet, Chalenger et Global.

Les principales dates à retenir ?  

  • Le 1er octobre 2015 : vente des activités de formation à l’aviation militaire à CAE.  
  • Le 29 octobre 2015 : Québec injecte 1 milliard $ en contrepartie d’une participation de 49,5 % dans la C Series.  
  • Le 19 novembre 2015 : la Caisse de dépôt et placement du Québec investit 1,5 milliard $ dans Bombardier Transport.  
  • Le 7 février 2017 : le fédéral verse 372,5 millions $ CA sous la forme de contributions remboursables pour financer la R&D de la C Series et du Global 700.  
  • Le 16 octobre 2017 : Bombardier cède gratuitement sa participation dans la C Series à Airbus.  
  • Le 8 novembre 2018 : vente du programme d’avions Q Series et de la marque de commerce de Havilland ; vente des activités de formation des pilotes et des techniciens d’Avions d’affaires à CAE.    

Le 24 janvier 2019 : acquisition du programme d’aile d’avion Global 7500 de Triumph Group.

Le 16 septembre 2020 : vente de Bombardier Transport à Alstom

TITRE DE PACOTILLE

Malheureusement, le démantèlement de Bombardier s’est répercuté sur la valeur de l’action de Bombardier en Bourse.

Lors de l’entrée en fonction d’Alain Bellemare, le 13 février 2015, le titre de Bombardier valait 2,63 $. À sa mise à pied, le 11 mars dernier, l’action ne valait plus que 88 cents. À la fin d’octobre dernier, l’action a touché un plancher de 26 cents. Aujourd’hui, le titre traîne dans les 60 à 70 cents. 

En janvier 2001, l’action de Bombardier avait fracassé la barre des 25 $.

Que l’action de Bombardier se négocie aujourd’hui comme un titre de pacotille est strictement dû au fait que l’entreprise a rapporté des grosses pertes à six reprises lors des sept dernières années.

Pour continuer son redressement financier, Bombardier a annoncé hier la mise à pied de 1600 personnes, dont 700 au Québec. Il lui en restera 13 000, dont près des deux tiers sont localisés au Québec.