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Bien moins de quarantaines à la frontière terrestre

GEN-COVID-DOUANES
Photo d'archives Peu de travailleurs non essentiels traversent la frontière terrestre depuis le début de la pandémie, comme ici en mars 2020 au poste de Lacolle.

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : notre Bureau d’enquête, basé à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialise dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, nos journalistes et recherchistes vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'ÉNONCÉ

Justin Trudeau a annoncé mardi que les voyageurs à la frontière terrestre devront fournir un test négatif de la COVID-19 pour rentrer au pays. Questionné à ce sujet, le premier ministre a affirmé que les travailleurs non essentiels « représentent à peu près 95 % des voyageurs qui rentrent au Canada par avion. Mais les travailleurs non essentiels, au niveau de nos frontières terrestres, représentent seulement à peu près 5 % des gens qui traversent. » 

LES FAITS

M. Trudeau semble avoir à peu près raison après vérification auprès de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). 

Seulement 8 % des voyageurs qui traversent la frontière terrestre doivent se placer en quarantaine, comme les snowbirds, puisqu’ils n’offrent pas de services essentiels ou n’ont pas d’autres motifs d’exemption. Les autres, soit 92 % des voyageurs terrestres, ne sont pas tenus de se mettre en quarantaine. Environ 74 % d’entre eux font partie du secteur du commerce ou du transport, ou traversent la frontière dans le cadre de leurs fonctions. On compte aussi 18 % de travailleurs transfrontaliers ou qui n’ont pas d’obligation de quarantaine. Au contraire, 91 % des voyageurs aériens qui entrent au pays sont tenus de se placer en quarantaine. La majorité des personnes exemptées sont issues des secteurs du commerce et du transport.  

– Sarah Daoust-Braun 

Le chiffre de la semaine : 16 444 

C’est le nombre d’armes et dispositifs prohibés saisis par les douanes entre le 1er avril et le 30 juin 2020. C’est presque cinq fois plus qu’à la même période en 2019. Parmi les armes prohibées au Canada, on compte des couteaux, du gaz poivré, des nunchakus (deux bâtons reliés par une chaîne), des silencieux et des répliques d’armes à feu. Du côté des armes à feu qui ne font pas partie de ce chiffre, 166 ont été saisies au premier trimestre, soit 43 de moins que l’année précédente.

– Philippe Langlois