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Les amitiés suspendues par la pandémie

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Je suis de ceux qui voient dans l’amitié le sel de la vie. Des écrivains comme G.K. Chesterton, Joseph Kessel ou Denis Tillinac l’ont célébrée, en ont fait un chant épique. Ils en ont compris l’essentiel.

Voir ses amis, en tête à tête ou en bande, discuter avec eux du sort du monde, avant de se perdre en fous rires, je ne vois pas de plus belle manière de traverser l’existence.

L’Essentiel

Vous me voyez venir. S’il est une chose dont nous avons été privés depuis un bout, c’est bien de nos amis. Nos amitiés sont suspendues, comme si elles n’étaient pas essentielles, comme s’il s’agissait de relations secondaires, dont on peut se passer. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

On a beau appeler les copains, et marcher avec eux en hiver, rien ne remplace la possibilité d’une soirée, celle qui dure quelques heures de plus que prévu, celle où s’ouvre une dernière bouteille, parce que l’avant-dernière confidence en appelle une dernière. La conversation est l’art que savent cultiver ceux qui vénèrent l’amitié.  

Ajoutons à ce triste portrait les amitiés empêchées, qui étaient en train de naître, et qui n’ont pu éclore, mais qui ne demandent qu’à prendre vie, pour peu qu’on leur donne l’occasion d’un verre ou d’un repas. Une conversation en promettait une autre : elle n’aura pas lieu, sauf peut-être pendant la prochaine permission du confiné que sera l’été.  

Sans les amis, la vie est moins belle, moins riche, moins libre. 

Conversation

Nous vivons, depuis un an, sous une cloche de verre qu’on appelle bulle. Il faut rester dans sa bulle, n’en jamais sortir. Mais une bulle, aussi protectrice soit-elle, peut devenir asphyxiante. Il faut prendre l’air, le bon air, le grand air.  

Nous célébrerons bientôt le premier anniversaire du confinement. Sachant que cette pandémie est là pour durer, il serait temps de trouver une manière de restaurer les droits de l’amitié.