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Sauver mon âme

SAINT MAUD Sainte-Maude
Photo courtoisie

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Le film Sainte-Maude était sur une belle lancée, cumulant prix et distinctions depuis sa grande première mondiale, à Toronto, en 2019. Le buzz l’entourant devenait assourdissant chez les fans d’épouvante. Puis, à quelques jours de sa sortie en salle, la pandémie a stoppé son élan. Un an plus tard, la cinéaste britannique Rose Glass avoue avoir craint qu’il ne soit jamais vu par le grand public.

Sur notre écran, Rose Glass s’avoue « soulagée » de voir son premier long-métrage finalement rejoindre son public, plus d’un an et demi après sa grande première dans le cadre du Festival international du film de Toronto. 

« J’ai bien cru qu’il n’allait jamais sortir. Ça a été assez bizarre, surréel, même », confie la cinéaste britannique en visioconférence avec Le Journal depuis Londres. 

En bonne compagnie

Mais voilà, Sainte-Maude est (enfin !) offert en vidéo sur demande depuis hier, porté par la bannière A24. Ce nom, les fans d’épouvante le connaissent bien. Au cours des dernières années, il est en quelque sorte devenu un gage de qualité en matière de films de genre grâce aux titres La Sorcière, Héréditaire et Midsommar, pour n’en nommer que quelques-uns. 

Ça, Rose Glass n’était toutefois pas nécessairement au courant.

« Je vis apparemment sous une roche – je ne suis pas sur Twitter – alors je ne réalisais pas l’ampleur de leur réputation. Évidemment, j’avais vu leur logo à plusieurs reprises, je savais qui ils étaient, mais je n’avais pas fait le lien avec leurs films. Mais aujourd’hui, je réalise à quel point c’est extraordinaire de faire partie de leur catalogue », souffle-t-elle. 

Il faut dire que, tant dans le fond que dans la forme, Sainte-Maude s’insère particulièrement bien dans cette lignée de succès signés A24. 

On y suit une Maude, une jeune infirmière en soins palliatifs qui, armée de sa foi catholique inébranlable, se donne comme mission de sauver l’âme de sa nouvelle patiente, une ancienne danseuse professionnelle débridée et excentrique. 

Brouiller les cartes

Mais la foi de Maude est-elle réelle, ou est-elle simplement le symptôme d’un trouble de santé mentale ? Rose Glass a délibérément cherché à entretenir le mystère en jouant sur les deux tableaux à la fois. 

« Les personnages que j’aime lire ou voir sont souvent en conflit avec eux-mêmes, pleins de contradictions et un peu brouillons. J’aimais l’idée d’une protagoniste à qui on ne sait pas si on peut faire confiance ou non, mais qu’on accepte de suivre tout de même », avance la Britannique. 

Mais pour accepter de la suivre dans ce périple, il fallait trouver la pièce du puzzle manquante, soit l’interprète de Maude. Et cette pièce, elle s’est finalement manifestée en la personne de Morfydd Clark, actrice suédoise jusqu’alors abonnée aux rôles secondaires. 

« Il me fallait une actrice capable de véhiculer beaucoup d’émotions en ne faisant presque rien puisque le film lui-même donne souvent dans l’excès. Et comme le personnage commet des actes moralement répréhensibles, il fallait qu’elle soit si charismatique que les gens puissent tout de même sympathiser avec elle, qu’ils acceptent de la suivre, malgré tout, durant une heure et demie. Et ça, je crois que Morfydd [Clark] le réussit haut la main », avance Rose Glass. 

La bonne nouvelle ? Après près d’un an d’attente, on peut désormais en juger par nous-mêmes. 


Sainte-Maude est offert en vidéo sur demande.