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UPAC: l’enquête sur les fuites devient ridicule

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L’enquête sur les fuites à l’UPAC prend une tournure désolante : elle durera deux ans de plus ! Voilà la pénible découverte issue d’un jugement sur l’opportunité de divulguer certains documents liés à l’enquête.

L’enquête s’étire parce qu’elle est « d’une envergure et d’une complexité inégalées », selon l’enquêteur porte-parole. Deux ans, cela nous mène à l’hiver 2023 ! Calculé en calendrier juridique, deux ans, c’est 26 mois, ce qui conduit au printemps 2023.

Vous avez imaginé la facture ? Mais... mais... nous payons pour quoi déjà ?

Je gagerais que la plupart d’entre vous ont perdu le fil. L’enquête sur les fuites à l’UPAC ??? 

Récapitulatif

L’UPAC enquêtait sur le financement du Parti libéral. Nom de code : Mâchurer. Une enquête de plusieurs années qui examinait le mandat de Jean Charest. Certains éléments examinés remontaient au début des années 2000. 

Puis, vers 2017, des fuites surviennent. Il faut dire que les fuites étaient monnaie courante à l’UPAC, surtout pour les investigations qui piétinaient. Une enquête est lancée sur les fuites, puis le député Guy Ouellette est arrêté. Finalement, rien ne sera retenu contre lui, l’UPAC perd la face.

On demande alors une enquête sur la façon de travailler des policiers dans le cadre de cette enquête sur les fuites.

On résume. L’enquête qui durera deux ans de plus est l’enquête sur l’enquête sur les fuites sur l’enquête. 

L’enquête Mâchurer est l’enquête de fond. Elle n’aboutit pas. L’enquête sur les fuites concernant l’enquête Mâchurer n’aboutit pas. 

Et maintenant, nous apprenons que l’enquête qui vérifie l’enquête sur les fuites finira en 2023. Il y a un point où les délais, les méandres et les absurdités ne peuvent que donner le haut-le-cœur aux citoyens qui payent cette mascarade.

L’enquête Mâchurer portait sur les mandats de Jean Charest. Il a été battu en 2012. Depuis ce temps, le Québec a été gouverné par Pauline Marois, par Philipe Couillard et par François Legault. Pas mal d’eau sous les ponts.

Cela ne soustrait jamais des individus à leurs responsabilités si des actes criminels ont été commis. Mais sincèrement, l’intérêt de la population pour les conclusions baisse avec les années.

Une facture ouverte

En 2023, les fuites à l’UPAC auront six ans. Déjà que la chose n’a jamais soulevé les passions, qui sera vraiment encore intéressé à connaître les conclusions de cette enquête ? 

En fait, le temps fait que l’intérêt et la pertinence s’effritent complètement. 

Le plus triste, c’est que nous sommes tous menottés, tous pris dans un cul-de-sac. Si le gouvernement Legault se tannait des factures et voulait remettre de l’ordre et de la logique là-dedans, on l’accusera d’ingérence. 

Personne ne peut s’ingérer dans le judiciaire, personne ne peut mettre ses doigts sur quoi que ce soit qui relève de l’UPAC. La crainte d’être accusé de vouloir nuire à la lutte anticorruption paralyse tout ce qui est politique.

Tout ce processus est comme le monstre de Frankenstein. Nous l’avons créé. Maintenant, il avance seul devant nos yeux terrorisés.