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Alpinisme: belle vue... et bonne frousse!

Le défi de François-Guy Thivierge s’est poursuivi au mont Murchison

Murchison
Photo courtoisie Un coup de piolet à la fois, François-Guy Thivierge s’est attaqué aux parois glacées du mont Murchison.

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L’alpiniste de Québec François-Guy Thivierge a entamé en août 2019 le défi de sa vie : gravir 55 montagnes en 55 mois pour souligner ses 55 ans. Sur une base régulière, Le Journal vous présente une montagne qu’il a gravie dans le cadre de ce projet.


Négocier avec les rigueurs des montagnes de l’Ouest canadien en hiver n’est pas une mission de tout repos. Malgré son riche bagage d’expérience, l’alpiniste François-Guy Thivierge l’a constaté dans le cadre de la plus récente aventure de son défi des 55 montagnes en 55 mois, au mont Murchison, dans le parc national de Banff.

L’explorateur a repris la route dans les dernières semaines, même si la pandémie de COVID-19 limite évidemment ses options. Thivierge a choisi de rayer une autre montagne de sa liste dans l’ouest du pays, où le confort de son campeur tout équipé lui a permis de passer un bon moment sur place.

Du temps, il en aura eu besoin, puisque pour souligner son arrivée en grande pompe, Dame Nature a balancé une cinquantaine de centimètres de neige sur les lieux. 

«Dans ce contexte, ça devient extrêmement dangereux pour les avalanches. Je visais une voie particulière pour l’escalade, mais les avertissements étaient nombreux et ça n’a jamais fonctionné. On ne peut pas toujours décider contre une montagne», raconte l’alpiniste d’un ton amusé.

Thivierge a donc profité des premiers jours sur place pour s’entraîner, question de ne pas attaquer une montagne sans être dans la forme physique adéquate. Ski de fond et ski nordique, en plus de l’escalade de quelques parois de glace, ont donc servi de mise en bouche dans l’attente du grand jour.

Une vue prenante

Thivierge a profité des bons conseils et de la complicité de son accompagnateur Jyoti Vienne pour gravir la cascade de glace.
Photo courtoisie
Thivierge a profité des bons conseils et de la complicité de son accompagnateur Jyoti Vienne pour gravir la cascade de glace.

Du haut de ses 3353 m, le mont Murchison attendait ensuite Thivierge et son compagnon Jyoti Venne. Une ascension de deux heures en forêt leur a permis d’atteindre leur cible, le Murchison Wall. De là, une paroi de glace de 200 m se dressait devant eux.

«ll faisait froid, la glace était bleue. C’est toujours inquiétant quand c’est une voie que tu n’as jamais faite, mais la première partie était assez facile.

«Ce qui m’a le plus émerveillé, c’est la vue. Tu te retrouves dans un décor de hautes montagnes avec des parois rocheuses de chaque côté et tu entends l’eau qui coule constamment derrière la glace. Ça donne des frissons», se remémore Thivierge, qui a tout de même dû composer avant le sommet avec des rafales de poudrerie.

Tout sourire après un passage réussi, l’alpiniste ne se doutait pas du défi qui l’attendait à la descente en rappel.
Photo courtoisie
Tout sourire après un passage réussi, l’alpiniste ne se doutait pas du défi qui l’attendait à la descente en rappel.

Une fois parvenu à destination, le sentiment d’être seul au monde a vite envahi le grimpeur comblé. «Au sommet de la cascade de glace, tu te sens comme ailleurs, dans l’espace, presque sur la lune.»

Descente périlleuse

Après ce moment contemplatif, la fin de la phase d’émerveillement a vite frappé ! La descente en rappel a tôt fait de rappeler à l’homme d’expérience que la montagne peut reprendre ses droits à tout moment.

«En redescendant, on se retrouvait dans le vide sans toucher à la paroi. Tu es sur tes cordes seulement, ça donne froid dans le dos!

«À un certain moment, la corde a coincé. Il a fallu tirer de toutes nos forces pour décoincer. Il y avait un danger d’entraîner une chute de pierres ou de devoir couper la corde. Disons que j’ai eu quelques palpitations au cœur ! Ça fait partie de l’aventure, mais j’ai eu la chienne», admet Thivierge, en rappelant au passage qu’en montagne, 90 % des accidents surviennent en rappel. 

Heureusement, la manœuvre a fonctionné. Thivierge et son comparse sont arrivés au bas de la cascade indemnes. «Avec du recul, je le vois comme une belle expérience de complicité», dit-il.

Un coup de piolet à la fois, François-Guy Thivierge s’est attaqué aux parois glacées du mont Murchison.
Photo courtoisie
Un coup de piolet à la fois, François-Guy Thivierge s’est attaqué aux parois glacées du mont Murchison.

La suite des choses

Puisque la pandémie ne semble pas sur le point de s’estomper, François-Guy Thivierge doit se rendre à l’évidence. S’il n’est pas question de mettre une croix sur son rêve de gravir 55 montagnes, il semble inévitable que les 55 mois prévus risquent de s’étirer.

«Avec toutes les mesures en place en cas de voyage, ça ne m’invite pas à quitter le pays. Les voyages à l’international doivent être reportés jusqu’à nouvel ordre», se résigne-t-il.

«Il est possible que le projet s’étale sur six ans au lieu de cinq. On fait juste décaler. Les mois perdus seront repris», assure celui qui n’est pas du genre à se laisser abattre. 

MONT MURCHISON 

  • Altitude : 3353 m  
  • Pays : Canada  
  • Région : Parc national de Banff (Alberta)  
  • Première ascension : 1997 (par Tom Whittaker et Trevor Jones)  
  • Ascension : 1000 m  
  • Durée : 12 h   

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