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Appels au meurtre d'un responsable de la santé publique ontarien

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Des appels à la démission, voire carrément au meurtre, du responsable de la santé publique de la région de Niagara, en Ontario, ont entraîné une vague de condamnations en fin de semaine.

Vendredi dernier, le gouvernement de l'Ontario a annoncé que la région de Niagara demeurera sous l'ordre de demeurer à la maison en vigueur dans la province depuis le 26 décembre au-delà du 16 février, date à laquelle la grande majorité de la province pourra reprendre vie, avec diverses restrictions. Seule Toronto et les régions de Peel et de York demeureront aussi en plein confinement, avec le district de North Bay Parry Sound.

Ulcérés, des militants anticonfinement ont réagi en s'attaquant au directeur de santé publique de la région de Niagara, le Dr Mustafa Hirji, qui a défendu la position du provincial. Certains internautes ont réclamé sa démission, mais d'autres sont allés jusqu'à publier des menaces de mort en ligne. La police de Niagara a d'ailleurs ouvert une enquête sur ces menaces.

Celles-ci ne sont pas passées inaperçues, tandis que le mot-clic #westandwithDrHirji s'est répandu en ligne.

«Il n'y a aucune place pour ce type de menaces en Ontario. Arrêtez ça. Les responsables de la santé ont une seule priorité: la santé et le bien-être de nos communautés», s'est notamment insurgé samedi le premier ministre Doug Ford sur son compte Twitter en soulignant que l'Ontario est chanceux de pouvoir compter sur des responsables comme le Dr Hirji.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a quant à lui qualifié d'«ignobles et inacceptables» les menaces relayées en ligne. «Comme tous les responsables de la santé publique qui assurent notre sécurité, [le Dr Hirji] ne mérite que nos sincères remerciements», a-t-il fait valoir.

Le principal intéressé a remercié tous les internautes et personnalités qui se sont portés à sa défense dans une série de messages publiée sur son compte Twitter, tard samedi soir.

«La haine excessive d'aujourd'hui ne doit pas nous faire perdre de vue les souffrances subies par plusieurs pendant cette pandémie – isolation sociale, perte de revenus, perte d'une entreprise bâtie au cours d'une vie de travail. La frustration est compréhensible. Leurs tragédies n'ont pas reçu l'attention que j'ai reçue», a philosophé le Dr Hirji.

«#InThisTogether est devenu un slogan de la pandémie. J'espère que nous pourrons tous reprendre cette devise. Les menaces de violence, les attaques politiques et dénigrer ceux qui ne sont pas d'accord nous divisent plutôt que nous unissent. Écoutons plus, comprenons-nous les uns les autres et rassemblons-nous en dialoguant», a-t-il poursuivi.