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15 chansons d’amour pas «quétaines» à écouter pour la Saint-Valentin

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Si vous avez perdu le fil des journées avec la pandémie, on vous le donne en mille : c’est la Saint-Valentin ce week-end. Bien souvent, la fête des amoureux rime avec des chansons mièvres et remplies de bons sentiments. Comment ne pas tomber dans le quétaine quand on parle de chansons d’amour ? Nos journalistes Raphaël Gendron-Martin et Cédric Bélanger ont sélectionné 15 pièces qui réussissent à l’aborder différemment.

La nuit est une panthère, Les Louanges   

Raphaël : Cédric, bonne Saint-Valentin ! On s’entend pour dire que l’amour inspire les artistes depuis belle lurette. C’est pourquoi trouver une chanson originale sur le sujet est parfois difficile, tant tout a été dit. Sur La nuit est une panthère, Les Louanges parlent de séduction et d’attirance physique. « Qu’est-ce que je ferais pas pour avoir la chance/De gagner mon passeport entre tes jambes » est une jolie tournure de phrase qui ne laisse pas de place à l’interprétation. 

Fous n’importe où, Daniel Bélanger    

Cédric : D’emblée, mon cher Raphaël, je constate que tu remplis ta promesse de faire table rase des évidences, d’annuler les va-et-vient gainsbourien de ce monde. Tu seras le champ gauche de la chanson romantique. Je te relancerai dans le centre gauche en pigeant dans l’album québécois de ma vie, dans cet instant d’insouciance qu’évoque ce refrain qui nous invite à partir « pour n’importe où je m’en fous, tous les deux amoureux fouuuuuus ». C’était le bon vieux temps. 

Debout, Ariane Moffatt   

Photo d'archives, Agence QMI

Raphaël : On aurait aussi pu y aller avec La folie en quatre, de Bélanger, qui aborde l’amour et la perte de sens de brillante façon. Poursuivons avec une complice de longue date de Bélanger : Ariane Moffatt. Sa pièce Debout est devenue un peu l’hymne rassembleur lors du premier confinement du printemps, l’an dernier. Dans cette société où l’individualisme prime, Moffatt rappelle qu’à deux, on peut être plus fort que tout. À noter que tant la version de l’album, plus up tempo, que celle au piano, en concert, valent l’écoute.

Garde-moi collée, Salomé Leclerc   

Cédric : À deux, rappelle Salomé, ça peut aussi tendrement frôler la toxicité. Ici, elle implore l’être désiré de l’écouter, l’aspirer, l’enfermer, la protéger, la garder cachée. « Garde-moi pour toi », répète-t-elle inlassablement, comme une supplication, au-dessus de délicates notes de guitare. À la fois fragile et beau. 

Kraft Dinner, Lisa LeBlanc   

Photo d'archives

Raphaël : « J’aimerais ça qu’on s’fasse une soirée/Avec des p’tites fleurs pis des chandelles/Mais j’trouve ça quétaine pour mourir » chante Lisa LeBlanc sur Kraft Dinner. Une chanson qui montre qu’en amour, plus c’est simple, plus c’est facile. Et tant pis si on est un peu quétaine. L’important, c’est d’être bien. « On mangera du Kraft Dinner/C’est tout c’qu’on a d’besoin. » Cela dit, je ne suis pas fan de Kraft Dinner. Toi, Cédric ?

Mais je t’aime, Grand Corps Malade et Camille Lellouche   

Photo d'archives

Cédric : Plutôt mourir (d’amour ?) que d’ingurgiter cette chose repoussante. Je préfère l’exquis, comme ce duo à fleur de peau, un classique instantané offert par nos cousins français. La voix grave de GCM jumelée à la vulnérabilité de Camille Lellouche. Si t’es pas ému, t’es mort (de Kraft Dinner ?) en dedans. 

Tinder Love, Laurence Nerbonne   

Raphaël : Difficile de faire plus actuel avec cette chanson aux airs technologiques. Dans Tinder Love, Laurence Nerbonne parle de cette fameuse application de rencontres très populaire ces dernières années. « J’ai mes yeux sur un écran/Qui ne me parle que de toi. » Parions que le soir de la Saint-Valentin, plusieurs célibataires iront chercher du réconfort sur Tinder en virtuel... ou en présentiel.

J’aime pas ça quand tu pleures, Martin Léon    

Cédric : J’ignore s’il s’en souvient et s’il en pense toujours autant, mais Sébastien Diaz a un jour déclaré que J’aime pas ça quand tu pleures était la plus belle chanson d’amour québécoise. C’est un choix audacieux, mais qui se défend. « Lou, j’ai pas d’luxe à t’offrir mais j’t’aime à mourir », c’est simple, mais tellement profond et vrai. 

La monogamie, Malajube   

Raphaël : Puisque tu m’as catégorisé de « champ gauche de la chanson romantique », je vais faire honneur à ce titre avec cette pièce de Malajube qui fait l’éloge du... polyamour. Car tu sais ce qu’on dit, Cédric ? « Plus on est de fous, plus on rit. » Euh... En tout cas, on peut dire que Julien Mineau avait le tour de nous emmener dans des univers particuliers, tout ça dans des envolées mélodiques parfois épiques. 

Partouzes, Gab Paquet    

Cédric : Ça tombe bien, j’avais dans la mire une autre ode à l’amour en groupe, signée par nul autre que notre Gab Paquet national. Je sais, ça fait deux fois en trois semaines que je l’inclus dans une liste de lecture, mais comment résister à « dans le donjon de ces dames se gondole la péniche » sur un rythme importé des années 80 ? 

Les Aurores, Mara Tremblay   

Photo courtoisie, Andy Jon

Raphaël : C’est quand même un bon choix, du Gab Paquet, quand on veut mettre un peu de piquant dans une Saint-Valentin. Bon, je vois notre liste tirer bientôt à sa fin et je dois revenir sur le « droit chemin » avec Mara Tremblay. En matière de « chansons romantiques », il y a ses excellentes Tout nue avec toi et Le printemps des amants, mais j’opte ici pour la très belle et poétique Les Aurores. « Ça m’sort du corps, ça m’fait mal, je t’aime trop/Es-tu aussi épris de moi, je l’sais pas trop/Ça explose, ça implose, c’est-tu ça le bonheur », chante-t-elle avec ses tripes.  

Le retour d’un amour, Pierre Lapointe   

Photo d'archives

Cédric : Je vois dans cette sublime composition à la forme très classique un double sens lié à notre époque. Si l’amour qui y est décrit par Pierre Lapointe peut renaître de ses cendres, n’est-il pas concevable que notre vie reprenne son cours normal bientôt ? Péché-je par excès d’optimisme ? 

Maison, Les sœurs Boulay   

Photo courtoisie, Caraz

Raphaël : Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, comme on dit ! Sur leur album 4488 de l’Amour, Les sœurs Boulay ont écrit la magnifique Maison, qui parle de l’amour à long terme. « C’est une maison juste pour nous deux/Tu peux ben y peigner mes cheveux/Avec une fourchette comme un bum/Pendant que j’te lis Terre des hommes/Veux-tu y vieillir avec moi ». Beau et vrai.

La nuit je mens, Alain Bashung   

Cédric : Voir si j’allais concocter une liste de lecture de la Saint-Valentin sans y inclure le grand Bashung. « J’ai dans les bottes des montagnes de questions, où subsiste encore ton écho » + des cordes somptueuses à tirer des larmes + cette voix brûlée de mille cigarettes = 4 minutes 26 de bonheur romantique à l’état pur. J’en suis geyser à chaque écoute. 

Les épousailles, Ingrid St-Pierre   

Photo d'archives, Agence QMI

Raphaël : Je termine notre liste avec la pièce qui me touche le plus. Avec ses textes imagés et sa douce voix, Ingrid St-Pierre a souvent le don d’atteindre une corde sensible chez moi, visiblement comme toi avec Bashung. Dans Les épousailles, elle souligne gentiment les clichés qui touchent le mariage... pour finalement nous atteindre en plein cœur avec sa toute dernière phrase. Tout ça me donne envie de lancer un « ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants... » Oups, on avait dit « pas quétaine » !