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Le Pentagone veut six Global Express de Bombardier

Le Pentagone veut six Global Express de Bombardier
Bombardier

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Bombardier vient d’annoncer la suppression de 1600 postes et la fin de la production de son Learjet. Mais un autre avion emblématique de l’entreprise continue de se vendre très bien: son Global Express.

Dans un blogue, j’ai déjà expliqué que son autonomie en faisait un appareil idéal autant pour des missions de surveillance et d’attaque maritime que pour des missions de guerre électronique. Une dizaine d’aviations militaires à travers la planète utilisent des Global Express sous diverses configurations.

L'US Air Force prévoit faire l’acquisition d’au moins six Global Express 6000 au cours des cinq prochaines années. Sous l’appellation E-11A, sa version des jets d’affaires, qui vole depuis plus de 10 ans, est l’un des avions de guerre électronique les plus sophistiqués des États-Unis

J’écris «au moins» parce que l’aviation américaine doit bientôt retirer du service quatre drones Global Hawk E-Q4B affectés aux mêmes missions. Des E-11A supplémentaires pourraient donc être acquis pour combler le vide laissé par leur retrait. 

L’un des E-11A s’est écrasé en Afghanistan le 27 janvier 2020 lors d’une sortie opérationnelle après avoir subi une panne de moteur. Les talibans ont affirmé avoir abattu l’avion et avoir dénombré six corps sur les lieux de l’écrasement. Les médias d’État en Iran et en Russie ont rapporté qu’un cadre supérieur de la CIA en Afghanistan se trouvait dans l’avion. Un responsable américain a confirmé la mort du pilote et du copilote, mais il a nié la présence d’officiers de haut rang à bord.

L’aviation américaine espère signer, dès le mois de mars 2021, le contrat d’achat de son prochain Global Express pour se faire livrer l’avion en juin, le temps que l’équipementier Northrop Grumman installe à bord son système BACN. 

Surnommés «Wi-Fi in the sky», ces Global Express équipés du Battlefield Airborne Communications Node (BACN) servent de relais et de répartiteurs aéroportés, afin que les systèmes de communication incompatibles utilisés par différentes armées alliées sur un même théâtre d’opérations puissent échanger des informations. 

Le relief montagneux de l’Afghanistan et son manque d’infrastructures de communication rendent aussi difficiles les liaisons entre des forces spéciales sur le terrain et leur centre opérationnel. Par l’intermédiaire d’un E-11A, un agent secret peut utiliser un simple téléphone cellulaire civil pour parler, via un E-11A, au pilote d’un avion d’appui tactique pour le guider vers sa cible et lui transmettre des données.

Les Global Express 6000, sous la configuration E-11A, sont facilement reconnaissables à leurs protubérances dorsale et ventrale, «le canot», qui logent leurs systèmes électroniques. Ils possèdent le même fuselage que le Regional Jet CRJ, mais ont des ailes supercritiques et un nouvel empennage. 

L’avion d’affaires ultra-long-courrier le plus avancé au monde, le Global Express, vole plus vite, plus loin que tout autre avion de sa catégorie. Il peut rejoindre n’importe quel point sur la planète avec une seule escale et voler à une altitude de 51 000 pieds. 

Signe que l’attention du Pentagone se détourne de l’Afghanistan et se porte vers le Moyen-Orient, les trois E-11A affectés au 430e Escadron expéditionnaire de guerre électronique, qui étaient basés à Kandahar en Afghanistan, ont été discrètement redéployés en octobre 2020 à la base aérienne d’Al Dhafra aux Émirats arabes unis, et ils ont commencé à effectuer des sorties régulières au-dessus du golfe Persique jusqu’en Irak. Un E-11A a déjà été observé à l’aérodrome de Djibouti, probablement en appui à des forces spéciales américaines en Afrique de l’Est, notamment en Somalie.

Le Pentagone veut six Global Express de Bombardier
Photo Twitter

Des sites spécialisés en aéronautique ont détecté le déplacement des E-11A vers les ÉAU en analysant Flightradar24.com, qui affiche en temps réel le positionnement de tous les avions en vol sur la planète équipés d’un transpondeur.