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Presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse: un bâtiment qui a abrité les troupes de Wolfe

Presbytère Saint-Michel
Photo courtoisie, collection privée Le presbytère vers 1900.

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L’ancien presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse a été témoin de grands événements historiques, dont le passage des troupes de Wolfe lors de la Conquête de 1759 et les troubles de l’invasion américaine de 1775.

Des inquiétudes ont fusé, au cours des dernières semaines, concernant la préservation du bâtiment que plusieurs considèrent comme un «joyau patrimonial». Construit en 1739, il est l’un des plus anciens du genre en Amérique du Nord. Gaston Cadrin, du Groupe d’initiative et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), a effectué une recherche exhaustive sur l’histoire du bâtiment. Il raconte que le presbytère a «une valeur nationale», car il a été témoin d’événements cruciaux de l’histoire du Québec. 

Assaut de Québec

Situé face au Saint-Laurent, il a vu passer sur le fleuve les troupes de Wolfe, venues à l’assaut de Québec en 1759. Le presbytère a vu l’action de près, puisque les soldats britanniques avaient installé leur base sur la rive sud. 

«Tout l’été 1759, les troupes anglaises ont établi leur campement principal à la Pointe-Lévy, mais font des invasions occasionnelles sur la côte de Bellechasse pendant que les habitants se sont réfugiés dans des campements temporaires à l’intérieur des terres», écrit le GIRAM. 

Serment, en 1759, des habitants au roi George II devant l’église et le presbytère de Saint-Michel.
Illustration courtoisie
Serment, en 1759, des habitants au roi George II devant l’église et le presbytère de Saint-Michel.

Les soldats ont même pris possession du presbytère et de l’église située tout près. Des documents historiques attestent des dommages qui ont été infligés aux édifices. 

«L’accueil de détachements anglais dans la nuit du 25 au 26 juillet n’a pas été sans conséquence pour l’église. En conséquence, le curé engage les frères Levasseur, sculpteurs réputés de Québec, et leur verse 144 livres pour avoir raccommodé les tabernacles qui étaient brisés pour avoir passé le temps du siège de Québec dehors et pour plusieurs réparations à l’église toute défaite.» 

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Invasion américaine

Puis, en 1775, alors que les Américains tentent l’invasion de Québec, c’est au tour des Canadiens favorables à leur cause de se réfugier dans le presbytère pour échapper à l’enrôlement forcé dans le camp britannique, qui contrôlait dorénavant Québec. «Il est probable que ces miliciens armés qui occupaient le presbytère à l’automne 1775 étaient postés au sous-sol où les fenêtres percées dans d’épais murs de fondations du côté fleuve s’apparentent encore aujourd’hui à de véritables meurtrières.»  

Potentiel archéologique

Le presbytère après la réparation de 1922.
Photo courtoisie, BANQ
Le presbytère après la réparation de 1922.

Le presbytère de Saint-Michel a été le lieu de résidence des missionnaires et curés de la paroisse entre 1740 et 2018. Il a été construit en pierre, ainsi que son agrandissement de 1790. Les lucarnes ont été ajoutées en 1854, lorsque le bâtiment a été modernisé, tout en gardant son cachet d’origine. 

Selon le GIRAM, les potentiels archéologiques du site de Saint-Michel, qui comprend aussi l’église, le cimetière et la grange à dîme, est «très grand».