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Québec veut augmenter la diplomation au cégep

«Tout est sur la table» pour y arriver, affirme la ministre McCann

La ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann
Photo d'archives La ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann

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Québec veut donner un coup de barre pour faire augmenter la réussite au cégep, alors que le taux de diplomation fait du surplace depuis des années. Pour y arriver, «tout est sur la table», affirme la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann.

• À lire aussi - Palmarès des cégeps du Journal: des établissements surpassent les attentes

Au fil des ans, les plans de réussite et mesures d’aide se sont multipliés dans le réseau collégial sans donner jusqu’ici les résultats escomptés. La ministre espère que cette fois-ci sera la bonne.   

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Un plan d’action est en préparation. La cible: faire augmenter le taux de diplomation de 64% à 68% d’ici 2023. 

Les besoins en main-d’œuvre qualifiée sont plus importants que jamais, rappelle Mme McCann. «On a une pression pour augmenter notre taux de diplomation avec le contexte de la pandémie, qui nous force à adapter nos formations au marché de l’emploi», a-t-elle affirmé en entrevue au Journal

La Fédération des cégeps réclame depuis déjà quelques années une vaste mobilisation pour faire augmenter le taux de diplomation au collégial, à l’image de ce qui a été fait dans le réseau scolaire.   

  • Écoutez la journaliste Daphnée Dion-Viens en entrevue à QUB radio ici:   

«C’est majeur pour l’avenir du Québec», lance son président-directeur général, Bernard Tremblay. 

Le taux de diplomation est particulièrement bas dans les formations techniques. Dans certains programmes, moins de 50% des étudiants arrivent à obtenir leur diplôme deux ans après la durée prévue des études. 

Rien n’est exclu

Les mesures à mettre en place pour hausser la diplomation restent toutefois à déterminer. «On va retourner toutes les pierres et on va regarder ce qui peut être fait pour adapter le plus possible les programmes aux besoins de notre société», affirme Mme McCann. 

Des changements à la formation générale ne sont pas exclus, précise-t-elle. 

Le plan d’action devrait aussi s’appuyer sur «des méthodes pédagogiques gagnantes», comme le mentorat notamment.  

«On veut aussi beaucoup travailler sur la transition entre le secondaire et le cégep, c’est un passage très important», ajoute la ministre. Du financement supplémentaire pourrait être au rendez-vous, selon les besoins, indique-t-elle. 

Mme McCann considère par ailleurs que l’édition revue et améliorée du Palmarès des cégeps du Journal, présentée dans nos pages samedi, est «un pas en avant intéressant» puisque la force scolaire des étudiants à leur arrivée au collégial est maintenant prise en compte.  

«On voit comment ça change la donne», lance-t-elle, tout en soulignant que d’autres facteurs pèsent aussi dans la balance. 

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:

Pourquoi la diplomation fait-elle du surplace au cégep?  

L’augmentation fulgurante des étudiants à besoins particuliers et un accès élargi au cégep peuvent expliquer pourquoi la diplomation n’a pas augmenté, malgré les efforts des dernières années.  

Dans le jargon collégial, on les appelle les «étudiants en situation de handicap». Il s’agit de jeunes avec des troubles d’apprentissage, un déficit de l’attention ou des problèmes de santé mentale. Leur nombre a explosé depuis dix ans: l’augmentation est de plus de 700%. 

Il ne s’agit d’ailleurs que de la «pointe de l’iceberg» puisque la majorité des étudiants ne déclarent par leur handicap lorsqu’ils franchissent les portes des cégeps, affirme Simon Larose, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l’Université Laval. 

D’où l’importance d’intervenir de façon efficace auprès de ces jeunes. «Il faut valoriser davantage les pédagogues qui interviennent auprès des étudiants à risque», affirme-t-il.

À la Fédération des cégeps, on considère aussi que des méthodes pédagogiques efficaces peuvent faire la différence. 

Il est aussi temps de mettre en commun les efforts des dernières années, ajoute son président-directeur général, Bernard Tremblay. «Jusqu’ici, nos actions ont surtout été établissement par établissement. Ça prend maintenant une approche concertée et il faut évaluer ce qui marche», dit-il.

Les collèges veulent aussi identifier de façon plus rapide et efficace les étudiants à risque. Le cégep de Chicoutimi a d’ailleurs développé tout récemment une plateforme qui permet de repérer ces jeunes dès leur arrivée au cégep en ayant recours à l’intelligence artificielle.  

Accès élargi

L’accès aux cégeps a aussi été élargi au fil des ans, ce qui a un impact sur la réussite, souligne de son côté Lucie Piché, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ). 

Depuis une douzaine d’années, un jeune à qui il manque six unités pour obtenir son diplôme d’études secondaires peut commencer une formation au cégep, à condition de réussir les cours manquants pendant sa première session. 

«On a facilité l’accès au cégep, donc on a des jeunes plus fragiles sur le plan académique, affirme Mme Piché. Mais il faut aussi les encadrer.»

Qui sont les étudiants les plus à risque de décrocher au cégep?     

Les étudiants qui ont de faibles résultats scolaires au secondaire

Plus les notes au secondaire sont faibles, plus il sera difficile pour un étudiant d’obtenir son diplôme collégial. Les étudiants qui ont une moyenne de moins de 75% au secondaire sont particulièrement à risque.


Les garçons

La probabilité qu’un garçon ayant obtenu une moyenne de 75% au secondaire obtienne son diplôme collégial est de 58%, comparativement à 72% pour une fille ayant la même moyenne générale.


Les étudiants plus âgés à leur arrivée au cégep

Un cégépien qui commence ses études à 19 ans ou plus a 18% moins de chances d’obtenir son diplôme qu’un étudiant moins âgé qui a le même rendement scolaire au secondaire. 

Source : La réussite au collégial, enquête dirigée par Richard Guay et réalisée à partir des données individuelles de 86 000 cégépiens