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Restaurants en zone orange: compliqué de faire respecter les règles

Les restaurants qui accueillent leurs clients depuis une semaine ont de la broue dans le toupet

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Photo Jérémy Bernier Linda Girard, propriétaire du restaurant Les 400 Coups, à Jonquière, dit être exténuée à force de jouer à la police pour faire respecter les nouvelles mesures dans son établissement.

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Bien que la première semaine d’ouverture des salles à manger ait été très populaire en zone orange, certains restaurateurs déplorent une complexité accrue dans la gestion de leur établissement et regrettent une incohérence de certaines mesures.

« L’achalandage est si important que [notre chiffre d’affaires] ressemble à ce qu’on a généralement à ce temps-ci de l’année, mais seulement avec des tables de deux ! », lance Alexandra Tzavara, propriétaire du Moulin Noir, situé à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. 

Cet engouement semble avoir envahi les résidents de toutes les régions qui se situent en zone orange. 

Au Resto-Pub L’Estaminet, à Rivière-du-Loup, au Bas-Saint-Laurent, on a constaté un chiffre d’affaires très important pour la fin de semaine de la Saint-Valentin. 

« Ce n’est pas à cause de la quantité de clients, mais de la qualité. Les gens ont tellement été restreints qu’ils se gâtent sans compter », estime la propriétaire, Mylen Ouellet.  

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« Brûlée »

Mais plusieurs se disent épuisés par l’augmentation de la charge de travail que leur apportent les nouvelles restrictions, alors que les revenus sont souvent très loin d’être aussi élevés qu’en temps normal. 

« J’ai pas à me lamenter. Au moins, je suis ouvert, contrairement aux bars. Mais je suis brûlée, je ne fais que ça, jouer à la police dans mon restaurant, pour m’assurer que tout le monde respecte les nouvelles règles », déplore Linda Girard, propriétaire du restaurant Les 400 Coups, à Jonquière. 

D’ailleurs, les policiers ont été appelés à se rendre dans son établissement à quelques reprises cette semaine après avoir reçu des appels de dénonciations. Des interventions qui n’étaient finalement pas fondées.

Incohérence

D’autres soulignent également l’incohérence de certaines mesures, comme le couvre-feu, par exemple. 

Plusieurs témoignages font état d’attroupement à la caisse pour payer quand approche la fermeture des restaurants à 21 h, rendant impossible toute distanciation. 

« L’obligation de réserver, ça a été fait dans le but d’éviter les files d’attente. Mais quand les gens se présentent, il faut demander les coordonnées de chaque personne et vérifier leur carte d’identité », indique Stéphanie Simard, franchisée du Boston Pizza de Rouyn-Noranda. 

« Ça prend du temps et une file se crée rapidement », observe-t-elle.

Des restaurateurs sont toutefois parvenus à éviter cette problématique en plaçant notamment des codes QR sur les tables pour que les clients puissent s’enregistrer et éviter de patienter dans l’entrée. 

Un plan clair demandé en zone rouge  

Rassurée de voir que tout s’est bien déroulé dans la dernière semaine en zone orange, l’Association Restauration Québec (ARQ) demande au gouvernement de mettre en place un plan « clair et précis » pour de futurs allégements dans d’autres régions.

« De ne savoir rien, d’être dans l’incertitude, dans l’inconnu... Ça ne peut plus être comme ça [...] et ce n’est plus possible de laisser notre industrie fermée aussi longtemps », clame François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’organisation.

« On est capable d’être des lieux sécuritaires de socialisation et on l’a démontré à plusieurs reprises », soutient-il.

Pour M. Meunier, l’ouverture des salles à manger des établissements en zone orange s’est « très bien passée dans l’ensemble », malgré quelques enjeux de logistique auxquels il s’attendait et qui ont été soulignés par ses membres.

« On a senti les clients heureux de pouvoir recommencer à vivre un peu et les travailleurs étaient impatients de recommencer à travailler », souligne-t-il.

« Très long »

Toutefois, s’il avait espoir, la semaine dernière, que cette réouverture en zone orange servirait de « projet pilote » pour inciter un éventuel allégement des restrictions ailleurs, il n’en est plus si sûr. 

M. Meunier craint que la révision qui pourrait être faite le 22 février prochain ne penche pas en leur faveur, notamment en raison des nouveaux variants de la COVID-19 et de la semaine de relâche.

« On a tellement insisté sur les risques de la semaine de relâche, lors du point de presse de la semaine dernière, que je ne m’attends plus à des allégements avant au moins le 8 mars. Pour les 90 % des restaurants qui sont encore fermés, c’est très long », déplore le porte-parole de l’ARQ.

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