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Hamad aurait été le bienvenu

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le maire de Québec, Régis Labeaume

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Le gouvernement Legault et Régis Labeaume sont pris dans un cul-de-sac politique dont les citoyens de la Capitale-Nationale risquent de faire les frais, avec le report du projet de transport structurant.

Décidément, Sam Hamad aurait pu changer la donne en se lançant à la mairie.

L’ex-ministre libéral, comme bien des élus caquistes de Québec, trouve que le projet de tramway du maire de Québec rate sa cible.

S’il avait annoncé qu’il présenterait sa candidature à l’élection de l’automne prochain, il aurait probablement présenté une nouvelle vision du projet qui aurait plu davantage au gouvernement. Régis Labeaume aurait été forcé de réagir.

Hamad est un personnage plus rassembleur, et certains députés de Québec sont bien déçus qu’il ait décidé de passer son tour.

Les caquistes ont choisi de ne plus répliquer au maire et de ne pas divulguer publiquement leurs demandes précises de modifications qui assureraient une meilleure desserte de la périphérie.

Plus rapide ?

Toutefois, le maire a beau démontrer qu’il déploie une panoplie de dessertes de banlieues, à la CAQ, on juge que si la combinaison de ces autobus et du tramway n’offre pas un trajet plus rapide et confortable, les banlieusards vont rester dans leur voiture.

L’objectif du projet de 3,3 milliards $ est de convertir des automobilistes en usagers du transport en commun. Et que les citoyens bénéficient d’un meilleur service. Il faut que ce soit attirant et efficace.

Or, pour citer un exemple, l’actuel trajet de D’Estimauville à l’Université Laval aurait pris 10 minutes de moins avec le trambus, prévu dans la première version du projet, mais l’économie de temps sera seulement de 3 minutes avec la version métrobus du maire.

Qu’en est-il pour les dessertes de banlieues ? Des élus caquistes de Québec craignent que les citoyens de leur circonscription n’y voient pas d’avantages.

C’est pourquoi ils exigent que Régis Labeaume apporte des changements.

Le comté de la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, est bien desservi par le projet actuel, à l’ouest, mais elle est solidaire de son caucus régional, dit-on.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, est donc pris entre les demandes de ses collègues et l’intransigeance légendaire du maire Labeaume.

Rien n’avance. Et les deux projets devant être connectés, tant qu’il n’y aura pas d’entente sur le tramway, les citoyens n’en sauront pas plus sur le projet de tunnel Québec-Lévis.

Personne n’est gagnant

Ça fait mal au gouvernement de la CAQ, dont le bilan jusqu’ici à Québec est en deçà des attentes. Bien des choses tournent en rond.

Personne ne veut retourner en arrière, comme au début des années 2000, alors que rien ne fonctionnait à Québec et que régnait une ambiance négative.

Ironiquement, c’est Régis Labeaume qui nous a sortis de cette torpeur et qui a redynamisé la ville.

D’une part, le gouvernement Legault pourrait injecter plus d’argent dans le projet, mais il veut respecter son engagement avec le budget initial. 

De l’autre côté, Régis Labeaume pourrait mettre un peu d’eau dans son vin et accepter de modifier le réseau de transport structurant à nouveau. 

Mais comme aucune compétition sérieuse ne pointe à l’horizon pour la prochaine élection municipale, il risque de s’entêter et de ne pas bouger.

Misère...