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Quand le village est déprimé, on sort les tam-tams

GEN-COVID-19
Photo d'archives, Agence QMI Dans le malheur, je m’accroche systématiquement au « grand mystère »…

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Je ne suis probablement pas le seul à ressentir de plus en plus monter des effluves de déprime. Il est encore temps de contenir une nouvelle menace collective : l’effondrement psychologique.

À l’évidence, notre impuissance, notamment face à la COVID-19, et la fragilité de notre réseau de la santé ainsi que le reconfinement et les incertitudes de demain y sont pour beaucoup.

Plusieurs témoignent de troubles de l’anxiété et du sommeil. Les états dépressifs sont à la hausse. 

J’entends également une forme de découragement, notamment en raison de l’énigmatique livraison fédérale des vaccins et l’arrivée impromptue des variants du coronavirus. 

Face à la souffrance

Récemment, un de mes amis s’étonnait du fait que je ne sois pas aussi déprimé que lui relativement aux épreuves générées par la pandémie. 

Je lui confiai alors que bien qu’étant bien intégré en Occident, et plus spécifiquement au Québec, je demeure imprégné par ma culture bantoue. 

Je ne me décourage et ne déprime que très rarement. 

Dans le malheur, je m’accroche systématiquement au « grand mystère »... 

C’est ce qui a notamment permis aux Africains opprimés depuis des générations de survivre aux différentes phases d’esclavage et de colonisation jusqu’à nos jours.

Le grand mystère

Dans ma culture originelle, « le grand mystère » est la conception qui veut que nous soyons relatifs de l’absolu. Et que nous soyons relatifs dans l’absolu. 

Que toutes et tous, par cycles récurrents, un beau jour par un passage emprunté, nous nous manifestions dans une incarnation biologique quelque part dans la Voie lactée. 

Quelque part dans cet endroit nommé Terre.

Nous ne sommes que de passage pour vivre une expérience humaine. Dans un environnement hostile. 

C’est une école. Elle nous impose régulièrement des épreuves. Et il faut les passer dans la joie et la gaieté.

Il ne faut donc pas s’étonner de voir chez certains peuples africains des gens rire ou danser, quand la logique commande les larmes : le décès d’un être cher. 

Des gens pleurer, quand la situation inspire la joie : la naissance d’un enfant.

Aussi, face à l’épreuve, on se dit simplement que ce n’est rien. Ce n’est qu’un « examen de passage ». 

On l’aborde alors sans dramatiser. Sans déprimer... 

Ainsi va la vie, jusqu’au jour où, par un passage emprunté, nous quittons pour nous rendre ailleurs.

Ailleurs

Partout ailleurs. Dans la foule silencieuse. Heureuse. Triste. Dans la brise ; celle de l’hiver avec ses flocons de neige. Dans le souffle du lever du printemps. Dans le soleil d’été. 

Dans la montagne. Sur le lac. Dans les buissons et les arbres qui dansent au gré du vent. 

Dans la brise d’un soir d’hiver, de printemps ou d’automne, nous quittons pour en apprendre davantage du grand mystère. 

J’ai appris tout cela au fil de mon enfance, au contact de mes aïeux, dans des veillées rythmées par la danse et les tam-tams. Cela imprègne l’esprit tout au long d’une vie.