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La vente de Transat très incertaine

Des négociations sont en cours, mais Air Canada semble chercher la sortie de secours

Air Transat
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

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Le projet d’acquisition de Transat par Air Canada se retrouve désormais sur une glace bien mince, la compagnie aérienne ayant refusé de repousser la date-butoir prévue à son entente avec le voyagiste québécois.

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Dans un communiqué, Transat a en outre révélé que les deux parties discutaient « des modifications potentielles qui pourraient être nécessaires » pour que la transaction se concrétise. 

Est-il question d’une nouvelle baisse du prix d’achat, qui est actuellement d’environ 190 millions $ ? Transat et Air Canada sont restées muettes à ce sujet, mardi.

Air Canada avait déposé, en octobre dernier, une offre d’achat à 5 $ par action, approuvée par le conseil d’administration d’Air Transat en décembre. Toutefois, cette entente est désormais remise en question. Ici, le grand patron de Transat, Jean-Marc Eustache.
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin
Air Canada avait déposé, en octobre dernier, une offre d’achat à 5 $ par action, approuvée par le conseil d’administration d’Air Transat en décembre. Toutefois, cette entente est désormais remise en question. Ici, le grand patron de Transat, Jean-Marc Eustache.

Transat plonge en Bourse

La mise à jour a fait plonger l’action de Transat, qui a clôturé mardi à 4,89 $, en baisse de 7,8 %, à la Bourse de Toronto. Pour sa part, le titre d’Air Canada a grimpé de 4,9 % à 23,42 $.

En vertu de la deuxième mouture de l’accord entre les deux entreprises, qui date d’octobre, la transaction devait prendre effet au plus tard lundi. Or, selon Transat, la Commission européenne se donne désormais jusqu’à la fin juin pour trancher.

Pour justifier ce nouveau délai, la Commission a indiqué mardi qu’Air Canada et Transat ne lui avaient pas remis à temps « un important élément d’information » qu’elle leur avait demandé.

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Malgré tout, la convention d’arrangement signée par Air Canada et Transat « demeure en vigueur dans toutes ses dispositions [...] tant qu’il n’y est pas mis fin par une des parties », a assuré Transat.

Dans un communiqué, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau a réitéré mardi son souhait d’acquérir le voyagiste. 

« Je souhaite entreprendre des discussions avec la direction de Transat afin de permettre à l’entreprise québécoise de sortir du grave état d’incertitude dans lequel elle est plongée depuis trop longtemps et qui met en péril sa pérennité », a-t-il affirmé.

Nouveau PDG

Le refus d’Air Canada de s’engager fermement dans la transaction est la première décision importante émanant de son nouveau PDG, Michael Rousseau, qui a succédé lundi à Calin Rovinescu.

« À ce moment-ci, il est difficile d’évaluer l’engagement d’Air Canada quant à la transaction proposée vu que les conditions de marché se sont détériorées au cours des derniers mois », a souligné l’analyste Benoit Poirier de Desjardins.

« On peut penser qu’Air Canada juge sage de se garder autant de marge de manœuvre que possible », a quant à lui indiqué au Journal Robert Yalden, professeur de droit à l’Université Queen’s de Kingston.

Le spécialiste a toutefois tenu à rappeler que l’entreprise qui choisirait de se retirer de la transaction risquerait d’avoir à verser des frais de résiliation. D’après l’entente, cette somme atteindrait 10 millions $ pour Transat et oscillerait de 10 à 30 millions $ pour Air Canada.

Ottawa a récemment approuvé l’achat de Transat par Air Canada en y imposant des conditions, dont la mise en place d’un « mécanisme de surveillance des prix ».

John Gradek, un spécialiste de l’aviation qui est chargé de cours à l’Université McGill, a noté mardi que la Commission européenne ajoutera vraisemblablement des conditions de son propre cru — si elle ne rejette pas carrément la transaction.

Devant un blocage de Bruxelles, WestJet et le transporteur régional Nolinor pourraient s’intéresser à Transat. M. Gradek a toutefois prévenu qu’une offre de WestJet, propriété du conglomérat torontois Onex, aurait du mal à passer la rampe au Québec.

« C’est vraiment une compagnie qui mise sur la réduction des coûts, a-t-il relevé. Maintenir un siège social au Québec [...] serait une question assez difficile. »