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«Quand les hommes vivront d’amour», une chanson immortelle

Raymond Lévesque
Photo courtoisie, Raymond Lévesque Raymond Lévesque à son arrivée à Paris, en 1954. Il a écrit Quand les hommes vivront d’amour deux ans plus tard.

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C’est sur un paquet de cigarettes, lors d’une soirée arrosée avec des amis, en France, que Raymond Lévesque a écrit la phrase Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère. Une série de mots à l’origine d’une chanson devenue immortelle.

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La chanson phare de l’auteur, compositeur et interprète qui nous a quittés lundi. Un hymne à la paix qui a été repris par des dizaines et des dizaines d’interprètes, et traduit dans de nombreuses langues. De Pauline Julien à Tire le coyote, en passant par Céline Dion, Luce Dufault, Renaud, Philip Glass, Enrico Macias et plusieurs autres.   

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La chanson, écrite en 1956, est inspirée par la guerre d’Algérie qui faisait rage à l’époque et que Raymond Lévesque trouvait cruelle et injuste.

La phrase Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère est apparue au cours d’une discussion avec un ami sur l’injustice de la guerre et sur le sens de la vie.

À son réveil, le lendemain matin, comme il l’a raconté dans le balado Bien plus qu’une chanson d’ICI Radio-Canada, Raymond Lévesque, inspiré, a écrit, très rapidement, le reste des paroles.

L’auteur, compositeur et interprète, qui vivait à Paris depuis 1954, tentait de lancer sa carrière musicale là-bas. Il s’y était installé à la suite du succès de Félix Leclerc en France. 

Raymond Lévesque a chanté Quand les hommes vivront d’amour, pour la première fois, au cabaret La Tomate, où son idole, Charles Trenet, a fait ses débuts à une autre époque.

L’auteur-compositeur-­interprète, poète, roman­cier et dramaturge a reçu un Félix hommage en 1980.
Photo d’archives, Raymond Bouchard
L’auteur-compositeur-­interprète, poète, roman­cier et dramaturge a reçu un Félix hommage en 1980.

Une chanson intemporelle

Il a offert cette chanson à son ami Eddie Constantine, qui l’a enregistrée en 1956. Le chanteur et acteur américain, installé à Paris, avait déjà enregistré, en 1945, Les trottoirs de l’auteur-compositeur et interprète québécois.

Raymond Lévesque enregistrera sa propre version de Quand les hommes vivront d’amour dans les mois qui ont suivi celle d’Eddie Constantine.

La chanson, qui passe inaperçue au Québec, deviendra intemporelle lorsque Robert Charlebois, Félix Leclerc et Gilles Vigneault l’interpréteront, sur les plaines d’Abraham, le 13 août 1974, à la fin du concert d’ouverture de la Superfrancofête.

Marie Denise Pelletier a repris cette chanson immortelle sur son album Le Rendez-vous, en 1991, où elle revisitait de grandes chansons du Québec.

« J’avais une liste qui était très longue, mais celle-ci était en haut de ma liste. C’est une chanson universelle qui est malheureusement encore d’actualité avec les conflits qu’il y a sur la planète. C’est aussi une chanson avec une mélodie toute simple que tout le monde peut chanter et peut comprendre », a-t-elle fait remarquer.

Luce Dufault l’a enregistrée en 1993, pour ramasser des fonds pour le Refuge des jeunes de Montréal.

« Je travaille sur mon prochain spectacle et nous avons décidé, avant les Fêtes, de la refaire. J’ai ressenti des frissons dans le dos et une grande tristesse lorsque j’ai appris son décès. C’est une chanson qui est importante pour moi », a-t-elle laissé tomber.

Quand les hommes vivront d’amour  

Quand les hommes vivront d’amour,

Il n’y aura plus de misère

Et commenceront les beaux jours

Mais nous, nous serons morts, mon frère

Quand les hommes vivront d’amour,

Ce sera la paix sur la terre

Les soldats seront troubadours,

Mais nous, nous serons morts, mon frère

Dans la grande chaîne de la vie,

Où il fallait que nous passions,

Où il fallait que nous soyons,

Nous aurons eu la mauvaise partie

Quand les hommes vivront d’amour,

Il n’y aura plus de misère

Et commenceront les beaux jours,

Mais nous, nous serons morts, mon frère

Mais quand les hommes vivront d’amour,

Qu’il n’y aura plus de misère

Peut-être songeront-ils un jour

À nous qui serons morts, mon frère

Nous qui aurons aux mauvais jours,

Dans la haine et puis dans la guerre

Cherché la paix, cherché l’amour,

Qu’ils connaîtront alors, mon frère

Dans la grande chaîne de la vie,

Pour qu’il y ait un meilleur temps

Il faut toujours quelques perdants,

De la sagesse ici-bas c’est le prix

Quand les hommes vivront d’amour,

Il n’y aura plus de misère

Et commenceront les beaux jours,

Mais nous, nous serons morts, mon frère.

Paroles Raymond Lévesque