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Président The Rock Johnson?

Président The Rock Johnson?
AFP

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Oui, je sais, c’est le genre de nouvelles qu’on laisse généralement pour les magazines de potins, ou encore à ceux et celles qui couvrent les stratégies des maisons de production pour faire la promotion d’un film ou d’une série télévisée. Après tout, «The Rock» s’exprimait dans le contexte de la promotion de sa nouvelle série, diffusée sur NBC.

Après les parcours spectaculaires de l’ancien lutteur Jesse «The Body» Ventura, d’Arnold Schwarzenegger ou encore d’une vedette de téléréalité comme Donald Trump, je me suis malgré tout décidé à m’intéresser un peu au sujet.

Le lutteur devenu acteur a déjà évoqué la possibilité de mener une campagne présidentielle en 2017. Comme pour démontrer que ses intentions étaient sérieuses, il est revenu sur le sujet dans une entrevue accordée à USA Today et reprise par de nombreux médias aujourd’hui.

Bien difficile de balayer du revers de la main une éventuelle candidature de Johnson. Sa notoriété joue en sa faveur. Un candidat ou une candidate à l’investiture d’un des deux grands partis a peu de temps pour se faire connaître des électeurs des 50 États. Il faut parfois beaucoup d’argent et de publicité pour se démarquer des adversaires.

En politique fédérale aux États-Unis, il y a peu d’Obama ou de Buttigieg, des candidatures obscures qui parviennent rapidement à chauffer celles de rivaux sérieux comme Hillary Clinton ou Joe Biden, qui jouissent d’une couverture nationale depuis des décennies. 

Non seulement Johnson est-il mondialement connu, mais son image, soigneusement entretenue, est positive. Il est aussi à l’aise dans le film d’action que dans le film d’animation, où on l’a même entendu pousser la chansonnette (Moana).

Pour le moment, l’acteur se limite à manifester son intérêt en soulignant qu’il pourrait faire un saut en politique si les électeurs le souhaitent. C’est à eux qu’il laisse le soin de trancher. La nouvelle série télévisée de NBC s’inspire de l’histoire personnelle de Johnson, une histoire comme les Américains les aiment bien. 

Elle correspond au fameux «rêve américain», celui d’un jeune homme que rien ne destinait à la célébrité et à la fortune. Que ce rêve soit quasi impossible à atteindre en 2021 importe peu, il existe toujours et le parcours de The Rock l’incarne bien. Après tout, il est devenu l’acteur le mieux payé.

Si on joue le jeu ne serait-ce qu’un instant et qu’on imagine le candidat «The Rock», il faudrait alors l’identifier à une des deux grandes formations politiques. Vous savez peut-être déjà qu’il a accordé son appui à Joe Biden en 2020, mais je rappelle qu’il a été l'un des orateurs à la convention républicaine de 2000.

Les dirigeants d’une des deux formations politiques pourraient-ils être attirés par les millions d’admirateurs d’une vedette qui ne polarise pas et qui lance régulièrement des messages rassembleurs? Un Parti républicain qui ferait le choix de la modération après quatre années de division sous Donald Trump y trouverait peut-être son compte, alors que le Parti démocrate pourrait mettre en avant la diversité de son héritage culturel.

Il est possible que, tout comme moi, vous sourcilliez à l’évocation de la candidature d’une vedette de films d’action. Peut-être même imitez-vous le sourcillement caractéristique popularisé par The Rock, mais n’oubliez jamais qu’il y a des précédents et que, dans un système électoral aussi coûteux que celui des États-Unis, la notoriété est un atout majeur. On attendait Oprah, ce sera peut-être Dwayne Johnson.