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Atteinte à ma liberté d’expression

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La Cour suprême va décider des limites de l’humour lorsqu’un enfant handicapé est heurté. Je ne sous-estime pas l’importance de la cause Mike Ward, mais je crois sincèrement que des causes bien plus fondamentales en matière de liberté d’expression s’en viennent.  

Par exemple, avez-vous le droit de vous présenter en disant que vous êtes un homme ? Ou une femme ? Et si on me laisse le droit de le dire sur la place publique : « Je suis un homme », m’accordera--t‐on le même droit de l’exprimer dans une communication officielle avec l’État ? Réponse : NON. 

À l’État civil du Québec, qui constitue notre première inscription en tant que citoyen vivant au Québec, il sera interdit de se présenter à l’État comme étant une femme ou un homme. Ce sont de vieux concepts qui n’existent plus et qui sont discriminatoires envers les gens qui disent n’être ni l’un ni l’autre.

Jugement

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est un jugement de la Cour supérieure rendu en janvier qui l’impose au gouvernement québécois. Les registres de l’État civil du Québec doivent être modifiés d’ici la fin de l’année pour en retirer ces concepts discriminatoires que sont les désignations homme et femme.

Personnellement, je suis encore plus choqué par l’autre volet du jugement. Je suis un homme, soit. Mais depuis un quart de siècle, ma grande fierté, c’est d’être père. Vous savez quoi ? Cela aussi est discriminatoire. Les concepts de père et mère sont soufflés par le même jugement.  

Mère, père. Maman, papa. Les premiers mots qu’un enfant apprend. La grande fierté de tellement de gens. Alors, voilà que ces mots sont devenus, au sens de nos tribunaux, des termes infâmes, des blasphèmes discriminatoires.  

Purge complète

Ces mots devront aussi être purgés des registres de l’état civil d’ici le 31 décembre 2021. La conséquence concrète, c’est que les termes homme, femme, père et mère doivent rapidement disparaître des actes de naissance, de mariage et de décès de tous les Québécois.  

J’espère que vous comprenez que si ces mots sont bannis du registre de base de l’administration publique, ils sont appelés à perdre leur place dans toutes les communications gouvernementales.

Est-ce que la société doit évoluer face aux personnes transgenres ? La réponse est oui.

Une société évoluée reconnaît la réalité de la dysphorie de genre et s’assure que les personnes transgenres pourront vivre et s’épanouir.

Une société évoluée et généreuse va même faire assumer par la collectivité les interventions médicales pour un changement de sexe.

Une société évoluée, généreuse et ouverte va faire tout ça et, en plus, ajouter une troisième et même une quatrième case sur ses formulaires pour les gens qui n’entrent pas dans les cases de la majorité. Jusqu’à maintenant, nous en étions là.

Mais demander à plus de 99 % de la population de s’effacer représente une absurdité totale.

M’empêcher de me présenter, devant mon gouvernement, comme un homme et un père est une atteinte à mes droits et à ma liberté d’expression.