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Des luttes fratricides déchirent le Parti républicain

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De moins en moins favorable à l’État de droit et à la démocratie, le Parti républicain des États-Unis est devenu une secte populiste prête à tout pour s’emparer et conserver le pouvoir.

Aligné sur Trump, le parti a dorénavant renoncé à s’adresser à l’ensemble des Américains pour ne viser qu’à plaire à sa base sous-éduquée, sous-informée, mais motivée par une ferveur évangéliste.  

Dans son état actuel, le parti républicain n’est plus une alternative acceptable au Parti démocrate. 

Sous la férule de Trump, le Grand Old Party est une menace pour la démocratie. Il jouit toujours de l’appui d’au moins 60 millions d’Américains, en tenant compte d’une légère baisse de sa popularité depuis le 6 janvier.

Battre les trumpistes

Que faire ? Les républicains patriotes vont devoir travailler avec acharnement à démolir leur propre parti, qui est maintenant une formation populiste extrémiste, une incarnation nord-américaine des partis fascistes européens du siècle dernier.

Je me demande s’il y a assez de gens courageux, intègres et déterminés parmi les conservateurs et les républicains pour purger le GOP des trumpistes et des trumpidiots. Et, dans l’impossibilité de le faire, pour créer un nouveau parti dans la tradition de Lincoln.

En tout état de cause, plus d’une centaine de conservateurs américains viennent d’engager des discussions en vue de former un mouvement anti-Trump. 

Il réunirait des élus et des cadres des quatre dernières administrations républicaines, ainsi que des dirigeants du parti aux niveaux national et étatique. 

L’alliance patriotique dans chaque circonscription soutiendrait un adversaire de Trump dans les primaires républicaines. Et dans le cas où le partisan de Trump remporterait la nomination républicaine, tous les anti-Trump de la circonscription seraient alors appelés à se rallier derrière un candidat unique, démocrate ou indépendant, pour défaire le candidat trumpien.

Jeunes, femmes et argent fuient les républicains

Le Parti républicain se dirige vers des mois de luttes fratricides qui connaîtront leurs dénouements lors des élections de l’année prochaine. 

L’intervention de Trump aux primaires républicaines de 2022 va accentuer encore plus les tensions qui déchirent le parti. Peut-être jusqu’à la rupture. 

Selon un récent sondage, un tiers des républicains joindraient Trump s’il formait son propre parti politique. L’acquittement de Trump lui permet de se présenter en 2024.

Le groupe Republican Main Street Partnership, qui se donne pour mission de rétablir « l’éthique et la moralité » au sein du GOP, prévoit dépenser 25 millions de dollars pour promouvoir des candidatures républicaines anti-Trump. 

Déjà, de nombreuses entreprises prorépublicaines ont promis de cesser de financer les alliés de Trump, leur coupant ainsi une source de revenus critique.

L’« effet Trump » nuira particulièrement aux républicains dans les États et les districts électoraux où les luttes sont serrées. Il fait fuir du GOP les modérés, les électeurs éduqués et les femmes. 

Le Parti républicain est aussi en train de perdre la génération des 18-21 ans qui, révulsés par Trump, s’enregistrent en tant que démocrates. Et c’est sans compter les révélations qui pourraient ternir plus encore la réputation de Trump et éclabousser le parti.