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Saint-Jérôme: adjoint du maire sous enquête

La ville entame des démarche à la suite d’une dénonciation d’ingérence

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Photo d'archives, Agence QMI Simon Gerarthy entouré de l’ex-maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher (à gauche) et du conseiller municipal Gilles Robert, célébrant la victoire aux élections de 2013.

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Saint-Jérôme est encore une fois sur la sellette. Après la destitution de son ancien maire pour manœuvres électorales frauduleuses, voilà que l’adjoint exécutif du cabinet de la mairesse est maintenant visé par une enquête.

Mardi, le conseil municipal de Saint-Jérôme a demandé l’ouverture d’une enquête administrative sur les agissements de Simon Gerarthy en lien avec sa description de tâche. Ses interactions avec des élus, des citoyens, des employés et des médias pourraient être scrutées.

Plus tôt dans la journée, l’hebdomadaire Le Nord avait publié un texte mentionnant que M. Gerarthy avait tenté de s’ingérer dans les choix rédactionnels du média.  

Selon nos sources, il n’aurait pas aimé qu’un adversaire politique se retrouve à la une, mais Le Nord n’a pas répondu à notre demande d’entrevue. 

M. Gerarthy occupe le poste d’adjoint exécutif au cabinet du maire depuis l’élection de 2013 qui a porté Stéphane Maher à la tête de la Ville. Il s’agit d’un poste de fonctionnaire contractuel qui relève de la direction générale. 

Auparavant, il avait été directeur général et directeur de campagne de Vision Saint-Jérôme, le parti de M. Maher. 

Ce dernier a été destitué de son poste de maire le mois dernier après avoir été condamné pour manœuvres électorales frauduleuses. Il avait offert des postes à deux conseillers qu’il expulsait de son parti afin qu’ils ne se représentent pas aux élections municipales de 2017. 

« Inacceptable » 

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Michael Nguyen, dénonce ce qu’a connu Le Nord.

« C’est inacceptable ! Il faut que les gens comprennent que nous ne sommes pas au service des administrations municipales, mais bien du public », clame M. Nguyen qui souligne que c’est le genre de situation qui se produit trop souvent dans les médias régionaux. 

« Il y a une forme de chantage qui a toujours existé, notamment avec l’achat de publicité. Il faut lever notre chapeau aux éditeurs qui travaillent dans ce contexte. [...] Il faut dénoncer la situation. Au cours des dernières années, nous avons contacté plusieurs municipalités à la suite de plaintes pour les sensibiliser », affirme le président de la FPJQ. 

D’autres histoires 

D’autres journalistes avec qui Le Journal a discuté mentionnent avoir goûté aux foudres de M. Gerarthy, mais préfèrent rester discrets craignant les représailles. 

Au cours des six derniers mois, l’adjoint exécutif ne répondait plus aux demandes du média web jérômien Topo Local

Les médias ne seraient pas les seuls à avoir goûté à sa médecine. L’été dernier, M. Gerarthy aurait menacé de fermeture un propriétaire de resto-bar qui avait accueilli une conférence de presse dénonçant le projet de complexe de soccer du maire Maher. 

« C’était comme dans un film. Il s’est avancé vers moi et m’a dit que la conférence de presse était illégale et qu’on commençait à être tanné de moi à la Ville. Il a ajouté de façon arrogante : “tu vas voir, on va te fermer tes deux bars” », raconte Francis Gagnon, propriétaire du Bistrot d’en face. 

Implication politique 

La conseillère indépendante derrière la motion demandant l’enquête, Nathalie Lasalle, s’est plainte plusieurs fois des agissements de M. Gerarthy. 

« Il en mène large. Il se comporte comme un chef de cabinet, mais c’est interdit d’avoir un tel employé politique dans une ville de moins de 100 000 habitants comme la nôtre. [...] C’est lui qui nous a annoncé que le maire venait de mettre deux conseillers dehors. Il surveillait même nos amis Facebook », désespère celle qui a déjà fait partie de Vision Saint-Jérôme. 

« Quand on préparait la campagne électorale de 2017, il assistait à nos rencontres même s’il travaillait pour la Ville. Même s’il n’avait pas le titre de directeur de campagne, il faisait tout comme et nous donnait des orientations politiques », se souvient Mario Fauteux, un des deux conseillers derrière la destitution du maire Maher. 


Saint-Jérôme confirme que l’enquête sera confiée à l’externe. Simon Gerarthy et la nouvelle mairesse Sophie St-Gelais qui connaît l’adjoint exécutif depuis plusieurs années ont refusé notre demande d’entrevue.