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Taïwan affirme avoir échoué à obtenir le vaccin de Pfizer/BioNTech en raison de «pressions politiques»

Taïwan affirme avoir échoué à obtenir le vaccin de Pfizer/BioNTech en raison de «pressions politiques»
Photo AFP

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Taipei | Le gouvernement taïwanais a affirmé mercredi que ses efforts pour obtenir cinq millions de doses du vaccin de Pfizer/BioNTech avaient échoué à la dernière minute en raison de «pressions politiques», laissant craindre que Pékin fasse obstacle à ses efforts de vaccination. 

Le ministre taïwanais de la Santé Chen Shih-chung a révélé lors d'une interview à la radio que ce contrat avait capoté «dans la dernière étape des négociations» avec la société allemande BioNTech.

«Je m'inquiétais des ingérences des forces extérieures tout au long du processus. Nous pensons qu'il y a eu des pressions politiques», a-t-il dit.

«L'accord a échoué (...) parce que quelqu'un refuse que Taïwan ne soit trop content.»

BioNTech a conclu un accord avec le groupe basé à Shanghai Fosun Pharmaceutical pour livrer au moins 100 millions de doses de vaccin à la Chine.

Prié de dire si Pékin pourrait avoir bloqué l'accord, M. Chen a répondu: «Cela pourrait être une possibilité mais nous ne pouvons le confirmer. Nous continuons de communiquer avec» l'entreprise.

«Il est très rare de stopper le processus avant de conclure les contrats», a-t-il dit en ajoutant que BioNTech avait annulé la vente en citant «des opinions internes divergentes» et des questions de «distribution internationale de vaccins».

Fosun et BioNTech n'ont pas répondu aux demandes d'interview de l'AFP.

La pandémie n'a fait que souligner l'isolement international imposé par la Chine aux 23 millions de Taïwanais.

Voilà plus de 70 ans que Taïwan suit son propre destin, depuis que s'y sont réfugiées les troupes du nationaliste Tchang Kaï-chek vaincues par les communistes de Mao Tsé-toung.

Mais Pékin considère toujours l'île comme une province rebelle appelée à revenir dans le giron national, si nécessaire par la force.

Et le pouvoir communiste a multiplié les efforts pour tenter d'isoler davantage l'île, sur les plans économique et diplomatique, depuis l'arrivée à sa présidence en 2016 de Tsai Ing-wen, issue d'un parti traditionnellement hostile à la Chine.

Taïwan a ainsi perdu en 2017 son statut d'observateur à l'Assemblée générale annuelle de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'île avait été exclue de l'OMS en 1972, un an après avoir perdu son siège aux Nations Unies au profit de Pékin.

Taïwan est un des territoires qui ont été les plus efficaces face à la pandémie, totalisant en un an moins de 1000 cas de coronavirus. Seuls neuf décès ont été attribués à la COVID-19 sur l'île.

Taipei a cependant eu du mal à obtenir un vaccin. Ce n'est que récemment que l'île a annoncé un accord pour cinq millions de doses avec Moderna et un autre pour 200 000 doses avec Oxford-AstraZeneca.