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Pandémie: le proprio du Beach Club a perdu plus d’un million$ en 2020

Olivier Primeau avoue avoir du mal à payer plusieurs de ses fournisseurs, même s’il roule en Ferrari

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Le propriétaire du Beach Club et star des réseaux sociaux, Olivier Primeau, a perdu plus d’un million de dollars l’an dernier à cause de la pandémie et il avoue ne pas être aussi fortuné que l’image publique qu’il choisit de projeter.

Dans une entrevue candide qu’il nous a accordée dans ses bureaux de Laval, l’ancien conseiller de l’émission XOXO à TVA ne cache pas que la COVID-19 a fait très mal à plusieurs de ses entreprises, dont le fameux Beach Club de Pointe-Calumet et son festival de musique Métro Métro à Montréal.

Fournisseurs en attente

Notre Bureau d’enquête est entré en contact avec lui après avoir appris que certains de ses fournisseurs tardaient à se faire payer. Olivier Primeau a reconnu que sept ou huit d’entre eux étaient en attente d’un paiement, mais il a assuré que la situation était sur le point de se résorber.

Derrière son image médiatique d’entrepreneur qui roule sur l’or, il n’y a pas tant de profits qui sont dégagés par ses entreprises, affirme-t-il.

«En ce moment, c’est très difficile monétairement. [...] L’événementiel c’est un luxe pur et dur. Peut-être que ça va repartir, mais j’ai vraiment hâte de voir quand», nous a confié le jeune entrepreneur de 35 ans.  

  • Écoutez l'entrevue d'Olivier Primeau avec Richard Martineau sur les ondes de QUB radio:   

Le Beach Club va mal

Peu optimiste à court terme, il dit avoir à toutes fins utiles déjà fait une croix sur 2021.

Le timing de la pandémie est extrêmement mauvais pour le Beach Club, selon lui, car après de lourdes pertes pendant ses premières années, il commençait tout juste à encaisser un peu de profits.

«Ça me coûte environ un 300 000$ de coûts fixes par année plus les salaires. En chiffres absolus, c’est énorme. Il faut qu’on l’absorbe», explique-t-il.

C’est sans compter l’annulation du festival Métro Métro qui lui aurait causé des pertes d’un million de dollars qu'il «ne reverra jamais».

Olivier Primeau n’a jamais caché avoir bénéficié de l’aide financière de sa famille pour se lancer en affaires.

Dans son livre Parce que mon père est riche, publié en 2018 aux éditions La Semaine, il racontait notamment comment il a misé les millions de dollars de sa famille pour acheter et développer le Beach Club.

«Les gens sont gênés de parler d’argent au Québec, surtout des dépenses. Moi je suis pas gêné d’en parler, ça fait partie de la business», explique-t-il en entrevue au Journal.

 « Je dors très mal depuis cinq ans, depuis que j’ai le Beach Club avec ma famille. C’est un métier à haut stress », dit-il.   

  • Écoutez la chronique culturelle d’Anaïs Guertain-Lacroix à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:   

Une question d’image

Olivier Primeau s’est pourtant fait voir dernièrement au volant d’une rutilante Ferrari. Il affiche sur les réseaux sociaux une image d’aisance financière qui a choqué certains de ses fournisseurs qui attendent toujours leur chèque.

«L’image que je projette sur les réseaux sociaux est une image très actuelle, très 2021», se défend l’entrepreneur. «Mais ceux qui sont en business comprennent que c’est pas parce que tu as des dizaines de millions de chiffre d’affaires que tu fais des dizaines de millions de profits.»

«Il y a une différence entre se payer une Ferrari pis se promener en yacht, précise-t-il. Surtout que je suis commandité pour mes autos, fait que je ne les paye même pas.»

Il se compare à un agent d’immeubles qui gagne à se faire voir au volant de voitures de luxe pour ses affaires. « J’habite encore dans la maison familiale », souligne-t-il.

Par comparaison, son père se serait longtemps senti forcé de cacher sa Porsche dans le stationnement arrière de son épicerie.

Olivier Primeau dit heureusement avoir commencé à diversifier ses activités avant la pandémie. 

Les produits en épicerie comme la poutine surgelée et surtout les boissons BeachDay EveryDay lui permettent en partie de renflouer ses autres entreprises déficitaires, selon lui. 

«C’est la folie», dit-il à propos de ses boissons à base de malt pour lesquelles il voit un marché mondial. 

CE QU’IL A DIT  

SUR LE DOMAINE DE L’ÉVÉNEMENTIEL

«L’événementiel, ça coûte très très cher pour souvent très peu de profits.»

«La COVID nous a fait très très mal. [...] C’est triste, mais c’est comme ça pour tout le monde.»

SUR SES FOURNISSEURS

«Ç’a été un gros enjeu au début [de la pandémie].»

«C’est difficile de dire à ton fournisseur: je peux pas te payer en ce moment parce que j’attends un dépôt d’artiste de 500, 600 000 $ US que j’ai pas encore, que ça fait six mois que j’attends.»

SUR LES MÉDIAS ET SA CONTROVERSÉE OFFRE DE PIGE À 5 $

«Le modèle d’affaires de 2021 des blogues qu’on appelle à click bait, ça prend énormément de clics pour faire de l’argent. C’est beaucoup de réécriture. Je le sais que les journalistes sont pas contents de ça. C’est la réalité 2021, j’ai peut-être appris à mes dépens que je suis peut-être une personnalité trop connue pour faire ça.»