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Une école de ballet établie à Québec depuis 32 ans ferme ses portes

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Plongée dans une «trop grande incertitude» et privée de ressources financières en raison de la fermeture temporaire liée à la COVID-19, la fondatrice de l’École de ballet du Québec a pris la «décision déchirante» de mettre la clé sous la porte après 32 ans d’existence.

Christiane Bélanger s’est résignée à annoncer ce qu’elle redoutait depuis quelque temps. Sur les réseaux sociaux, elle a évoqué la «situation d’inconstance» de la part des gouvernements pour justifier la fermeture définitive de ses institutions. «On ne peut rien prévoir. On ne sait plus sur quel pied danser», image celle qui a passé sa carrière dans l’univers du ballet. 

Après plusieurs mois de fermeture temporaire, les ressources financières sont rares. Son manque à gagner, elle le chiffre à 200 000$. «Il y a l’aide gouvernementale, mais ce n’est pas assez pour qu’on puisse continuer. [...] On a l’impression que le gouvernement est contre nous». 

Son école de ballet a formé des dizaines de milliers de danseurs depuis 1989. Quelque 700 danseurs fréquentaient ses locaux de la rue Frank-Carrel avant que la crise sanitaire frappe.  

En plus des cours, l’Académie de ballet du Québec organisait des compétitions et des spectacles. «C’est la plus grosse peine de ma vie. J’ai encore de la difficulté à l’accepter», ajoute Mme Bélanger, qui admet que seul un coup de pouce inespéré du gouvernement du Québec pourrait la faire changer d’idée. 

D’autres fermetures à venir

La situation est «difficile», confirme la propriétaire de l’Académie de ballet Christy, Christy Turgeon. «Il y en a plein [qui ont déjà fermé leurs portes] au Québec. Si ça continue, il se peut fort bien qu’il y en ait d’autres qui suivent», confirme la femme qui a fondé son établissement en 1980. 

En octobre dernier, le Réseau d’enseignement de la danse (RED) avait averti que 80% des écoles de danse de loisir du Québec se trouvaient dans une «situation financière inquiétante qui pourrait menacer leur survie». Le RED craignait de voir plusieurs établissements cesser leurs activités pour de bon si la fermeture temporaire perdurait.  

Besoin de bouger

Même si cette autre fermeture temporaire fait mal, Mme Turgeon espère que les établissements comme le sien pourront recommencer à opérer plus tôt que tard.  

«Danser, ça fait du bien. Les gens ont besoin de bouger, pas de s’asseoir devant un écran toute la journée», ajoute-t-elle, en faisant référence à la décision du gouvernement de permettre la réouverture des cinémas plus tôt cette semaine. 

Même son de cloche aux Studios de danse DixVersions. La propriétaire, Marie Eve Morasse, constate «beaucoup de découragement» chez les autres propriétaires d’écoles de danse et ne serait pas surprise de voir d’autres fermetures définitives. 

«J’ai vu trois écoles de danse à Montréal qui vendaient leur matériel, souligne-t-elle. On parle aussi avec plusieurs directeurs et il y en a une qui affirmait qu’elle ne pourrait pas reprendre [ses activités] s’il n’y avait pas une réouverture d’ici juin».