/entertainment
Navigation

Une exposition sur l’art des Premières Nations

La Galerie Alexandre Motulsky-Falardeau présente une vingtaine d’artistes

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le commissaire de l’exposition et sociologue de l’art Guy Sioui Durand.

Coup d'oeil sur cet article

Pour l’une des premières fois à Québec, une galerie d’art privée présente une exposition entière sur l’art autochtone consacrée à des artistes actuels de partout au pays. Selon le commissaire de l’exposition et sociologue bien connu Guy Sioui Durand, il s’agit d’un événement rare. 

La Galerie Alexandre Motulsky-Falardeau a inauguré, jeudi, la fascinante exposition Kakakew, qui signifie « corbeau » en langue attikamek, un animal symbolique « messager » qui nous entraîne ici dans un véritable voyage dans les « imaginaires ensauvagés » des Premiers Peuples. 

« Je me suis demandé pourquoi il n’y a jamais eu d’expositions comme ça à Québec, s’est questionné le galeriste Alexandre Motulsky-Falardeau. Pour moi, c’est tellement bizarre. Est-ce qu’il était temps ? J’espère. Mais je ne fais pas ça parce qu’il fallait le faire. Je le fais parce que c’est beau et touchant, et je veux faire découvrir quelque chose aux gens. »

Celui qui possédait déjà plusieurs œuvres d’art autochtone a fait appel au commissaire originaire de Wendake Guy Sioui Durand pour monter une exposition en quelques jours seulement. 

« J’ai rêvé l’exposition comme une maison longue, comme si on faisait un voyage en Kanata (Canada). Un lien par le grand fleuve, vers les Grands Lacs, les prairies et ensuite l’Ouest. Je les ai placés par territoire, mais aussi par style », a-t-il décrit.

Des artistes importants

Une œuvre de l’Attikamek Eruoma Awashish.
Photo Stevens LeBlanc
Une œuvre de l’Attikamek Eruoma Awashish.

Des œuvres d’une vingtaine d’artistes forment ce voyage à la fois territorial et stylistique à travers l’histoire des Premières Nations. Parmi les artistes phares, notons l’Attikamek Eruoma Awashish, créatrice de la murale Mackwisiwin (la force) au Musée d’art de Joliette, qu’elle a fait en hommage à Joyce Echaquan, décédée tragiquement en septembre. 

« Elle est une des artistes les plus importantes au Québec en ce moment », soutient Guy Sioui Durand. 

À ses côtés prennent place les portraits de personnages importants de l’histoire autochtone comme le chef militaire métis Gabriel Dumont, ainsi que le pionnier de l’art autochtone moderne, Zacharie Vincent, signés par l’artiste innue Sarah Cleary.

On y trouve aussi une œuvre contemporaine ironiquement inspirée par les pandémies vécues par les Premières Nations, de l’artiste wendat Teharihulen Michel Savard, ainsi que quelques tableaux du pionnier Norval Morisseau, appelé le Picasso du nord. 

Un détour dans les prairies nous fait découvrir les œuvres délicates, élégantes et doucement colorées d’Isaac Bignell, qui peint oies et bisons avec finesse. 

Les œuvres de l’artiste Isaac Bignell, originaire des Prairies.
Photo Stevens LeBlanc
Les œuvres de l’artiste Isaac Bignell, originaire des Prairies.

« Il y a une clé qui traverse tout le territoire : l’esprit fabuleux des animaux, décrit Guy Sioui Durand. Et un des apports autochtones à l’art est qu’il n’y a pas de rupture entre la tradition et le contemporain. »

Riopelle, invité naturel

Entre ces œuvres d’art empreintes d’humanité se loge tout naturellement une toile de Jean-Paul Riopelle, dont on retrouve l’influence autochtone dans plusieurs œuvres qui font actuellement l’objet d’une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal.

D’ailleurs, la prochaine exposition majeure de la Galerie Alexandre Motulsky-Falardeau sera consacrée à Riopelle.

Le galeriste a acquis de nombreuses œuvres sur le marché américain qui n’ont jamais été exposées au Canada.

L’exposition sera d’abord présentée à Montréal, à la Galerie Lacerte art contemporain, avant Québec. 


La galerie, qui accueille les visiteurs sur rendez-vous, présente l’exposition jusqu’au 28 mars. Elle est située au 1, Côte Dinan, dans le Vieux-Québec.