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Assassinée peu après la libération de son ex

La maman avait déjà été victime de violence conjugale

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Photo tirée de Facebook Elisapee Angma, 44 ans, une mère de quatre enfants qui travaillait dans un centre de la petite enfance à Kuujjuaq, dans le Nord-du-Québec, a été tuée il y a deux semaines.

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Une mère de famille de Kuujjuaq aurait été tuée par son ex-conjoint violent deux semaines après qu’il eut été libéré sous caution, malgré l’objection de la poursuite, après avoir bafoué à répétition des ordonnances de non-contact.

« Quand on est face à quelqu’un qui ne respecte pas ses conditions, ça doit allumer une lumière rouge, soutient la porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Riendeau. La question se pose très certainement : pourquoi a-t-on pris cette décision ? »

Le 5 février, en matinée, le corps d’Elisapee Angma, 44 ans, a été trouvé dans une résidence de Kuujjuaq, au Nord-du-Québec, portant des marques de violence. Elle est décédée des suites de ses blessures. 

Alors qu’il était recherché et soupçonné d’être derrière cette mort suspecte, en raison d’un historique de violence conjugale avec la victime, la police a trouvé la dépouille de Thomassie Cain, 41 ans, dans une autre maison de la communauté inuite. Il n’est pas exclu qu’il ait mis fin à ses jours.

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Cain aurait aussi été vu quittant le lieu où la victime est décédée. 

Il avait pourtant été ordonné à l’homme de ne pas tenter d’entrer en contact ou de se trouver en présence de Mme Angma, selon un acte de dénonciation du 3 novembre dernier, alors qu’il avait été accusé d’agression armée contre la femme. 

Par la suite, Cain a brisé à de multiples reprises cette ordonnance, selon d’autres actes d’accusation dont Le Journal a obtenu copie, soit le 29 novembre, le 30 décembre et le 16 janvier. 

À cette dernière date, il a été arrêté une nouvelle fois par les policiers et la Couronne au dossier s’est opposée à sa remise en liberté. 

Cinq jours plus tard, malgré les oppositions du Directeur des poursuites criminelles et pénales et les craintes qu’il récidive, Cain a été libéré en attendant la suite des procédures. 

Abandonnée par le système

La mère de quatre enfants et employée d’un centre de la petite enfance de Kuujjuaq n’a pas été protégée par le système « qui évalue mal les risques », estiment deux groupes défendant les femmes victimes de violence.

« C’était la chronique d’une mort annoncée, laisse tomber la directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse. Quand il y a un passé de violence conjugale, le facteur de risque pouvant mener à un homicide est très élevé. »

Les nombreux bris auraient dû être pris en compte, ajoute Louise Riendeau, qui milite pour une meilleure formation dans le milieu judiciaire quant à la remise en liberté dans des cas de violence conjugale. 

« C’est toujours troublant voir ces situations-là », conclut-elle.