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Denise Bombardier nie toute hostilité

En dépit de la controverse, elle interviewera Michel Jean et Naomi Fontaine au Salon du livre de Québec

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Malgré le malaise qu’a suscité le choix de lui confier l’animation de trois rencontres avec des auteurs autochtones au Salon international du livre de Québec, Denise Bombardier, qui se défend d’être hostile envers les Premières Nations, mènera des entrevues avec deux d’entre eux.

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Michel Jean et Naomi Fontaine ont fait savoir qu’ils accepteront de répondre aux questions de la chroniqueuse du Journal, a confirmé la directrice des communications du SILQ, Johanne Mongeau, vendredi après-midi. Seule la poétesse innue Joséphine Bacon refusera d’être interviewée par Denise Bombardier, « une personne qui a des idées bien arrêtées sur les Premières Nations et qui tient des propos pas jolis sur elles », avait-elle mentionné au Devoir, dans un article publié vendredi matin.

Naomi Fontaine avait dit être prête à dialoguer avec Mme Bombardier. Michel Jean a refusé de commenter l’affaire.

Au Journal, Mme Bombardier a dit qu’elle était prête à céder sa place. « S’ils ne veulent pas, je vais en faire d’autres, c’est tout. On ne peut pas forcer quelqu’un à être interviewé, n’est-ce pas ? »

« Pas de combat »

La source du malaise est une chronique de 2015 dans laquelle elle avait dit de la culture autochtone qu’elle était « mortifère » et « antiscientifique ». Cité par Le Devoir, l’auteur de Wendake Louis-Karl Picard-Sioui, aussi invité au SILQ, lui reproche son mépris, sa démagogie et son manque de sensibilité.

Denise Bombardier nie être hostile aux Premières Nations. Elle brandit comme preuve une chronique publiée le 2 février dernier. 

« Au Canada, les autochtones nous reprochent d’avoir pratiqué un racisme systémique à leur endroit à cause, en particulier, de l’infamante loi canadienne sur les Indiens. Ils ont raison », avait-elle écrit.

« Je ne mène pas de combat contre les autochtones du Canada, c’est le contraire, soutient-elle. J’ai pris position clairement dans le journal qui a la plus grande diffusion au Canada. »

« Une bonne moyenne »

Au Salon du livre, on se défend d’être insensible aux écrivains autochtones. « Ils sont cinq sur trente auteurs dans le cadre du SILQ. C’est quand même une bonne moyenne », soulève Johanne Mongeau.

À savoir s’il aurait été préférable d’aviser les auteurs avant d’annoncer que Denise Bombardier serait l’animatrice de leur entrevue au Salon du livre, Mme Mongeau plaide que l’organisation n’a rien voulu cacher. « Quand on a approché les auteurs, nous n’avions simplement pas déterminé qui faisait quoi. »