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Une experte déplore «l’ingérence politique» dans le projet de tramway

Tramway de Québec
Illustration courtoisie Ville de Québec Tramway de Québec Illustration courtoisie Ville de Québec Photo déposée le 3 février 2021

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Inquiète des derniers rebondissements autour du réseau structurant de transport de Québec, une experte de l’Université Laval (UL) déplore «l’ingérence politique» du gouvernement du Québec dans ce dossier.

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C’est ce que Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du Département de géographie à l’UL, a affirmé jeudi lorsque Le Journal l’a interrogée sur le bras de fer qui oppose le palier provincial à la Municipalité.

«Cette ingérence est une très mauvaise nouvelle, cela nous ramène à des décennies passées : quand des routes se construisaient en échange de votes ! C’est pathétique qu’on en soit encore là en 2021 !», a-t-elle lancé.

Rappelant que le tracé actuel du tramway est le fruit de plusieurs années de travaux, Mme Vandersmissen s’étonne de constater que le gouvernement proposera son propre tracé dans quelques semaines.

«C’est extrêmement insultant pour tous ces professionnels experts qui ont planché sur ce dossier. Développer un réseau structurant de transport en commun est un processus complexe, et qui ne peut pas se faire sur une base arbitraire et sur un critère qui m’apparaît très général [mieux desservir les banlieues] et surtout très politique», a-t-elle laissé tomber. 

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Banlieues bien desservies

Pis encore, la spécialiste avance, à l’instar de l’administration Labeaume, que le projet actuel « dessert mieux que jamais les banlieues ».

Elle a dit se baser sur des analyses statistiques menées dans le cadre de ses projets de recherche.

L’économiste Jean Dubé, qui dirige l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional à l’UL, est lui aussi renversé par les récents rebondissements.

Il s’interroge sur le respect des compétences municipales et se demande bien de quel projet la CAQ va pouvoir accoucher prochainement.

«Et dire qu’on accusait la Ville d’avoir une proposition faite “sur un coin de napkin”», a-t-il soufflé.

Pas de tunnel

Pour sa part, Fanny Tremblay-Racicot, professeure adjointe à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et spécialiste en transport urbain, espère que «les intervenants mettent leur intérêt politique de côté et pensent à celui des citoyens et des contribuables».

Mme Tremblay-Racicot estime par ailleurs que le tunnel qui doit relier la haute-ville à la basse-ville «plombe actuellement le projet» à cause de son coût de 358 millions $ par kilomètre.

Reprenant les conclusions du BAPE à son compte, elle affirme qu’on devrait analyser d’autres modes de transport.

D’après elle, la priorité demeure de «permettre de réduire le taux de correspondances et de requalifier certains secteurs de la ville».

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