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Robert Lalonde: renaître parmi les cendres

Robert Lalonde
Photo courtoisie, Julien Faugère Robert Lalonde

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Dans la nuit du 26 décembre 2018, l’écrivain et acteur Robert Lalonde et sa conjointe ont vécu une catastrophe : leur maison des Cantons-de-l’Est a été complètement détruite par un incendie. Il leur a fallu repartir à zéro, n’ayant réussi à sauver que quelques biens, dont son ordinateur à moitié fondu, duquel un technicien a réussi à extirper le manuscrit d’un roman. De cette expérience difficile, il tire des enseignements précieux et un trésor de sagesse et d’espoir : La reconstruction du paradis.

Robert Lalonde habitait dans cette maison depuis plus de 40 ans. Il raconte, dans ces carnets évocateurs, poétiques, réfléchis, comment sa conjointe et lui ont surmonté l’épreuve, ballottés d’un chalet à l’autre avant d’emménager dans une nouvelle demeure.

Le texte, opposant la noirceur des cendres à une vision lumineuse de la vie, est accompagné de passages tirés de Leaves of Grass, l’œuvre maîtresse du grand poète américain Walt Whitman. Robert Lalonde avait entrepris de la traduire, pour s’occuper, et il en a tiré des enseignements éclairants.

Il a vécu une espèce de résurrection, assure-t-il, en entrevue. « Avec le recul, je suis obligé de voir que ç’a été un mal comme un bien. On a complètement changé de vie et on a eu beaucoup de chance parce qu’on est tombés sur un endroit magnifique. »

Tout au long de l’écriture, il a été habité, dit-il, par la sensation et l’émotion d’être en train de revivre quelque chose qu’il était peut-être en train de perdre : l’idée de la découverte et un certain allégement dans sa vie. « Il ne nous restait pas grand-chose, à part le manteau qu’on avait sur le dos. Tout ça, ça m’a surpris et j’ai eu envie d’écrire sur ça, sur mon âge aussi. C’est un peu toute l’histoire d’un revirement. »

Les écrits de Walt Whitman l’ont inspiré. « C’est un poète que j’aime beaucoup et qui célèbre la vie toujours en recommencements. C’est curieux parce que ce livre n’avait pas brûlé. Il était rangé ailleurs. »

Une vie de découverte

À 73 ans, l’écrivain observe qu’il y a des gens de son âge qui sont un peu amers et qui plient sous le poids des habitudes. « Comme c’était peut-être sur le point de m’arriver, j’ai évité ça pour aller vers une vie qui est encore une vie de découverte et de simplicité. On trimballait beaucoup trop de choses avec nous pour rien. »

Sa bibliothèque, contenant 4000 bouquins, s’est envolée en fumée. « Je les ai lus, ces livres. Les souvenirs et la vie qu’on a vécue, là, c’est à l’intérieur de nous et ça ne partira pas. Il y a un horizon neuf devant nous, et d’autres façons d’entrer en contact avec les gens. Je parle d’une résurrection parce que c’est quasiment ça. » 

L’espoir

Même si ce n’est pas l’objet de La reconstruction du paradis, Robert Lalonde trace un parallèle entre ce qu’il a vécu et la pandémie actuelle. Ses écrits sont réconfortants : il y a moyen de recommencer autrement, il y a encore de l’espoir et de la création. 

« Je souhaite qu’au sortir de cette pandémie, nos modes de vie vont changer pour le mieux aussi. On a beaucoup de leçons à tirer de tout ça. Est-ce qu’on va le faire ? Je ne le sais pas. Mais moi, j’ai bien l’intention de continuer à propager l’idée qu’il faut absolument réagir à l’espèce d’impasse dans laquelle on était déjà arrivés avant la pandémie. Comme je dis souvent, je ne suis pas optimiste, mais je suis confiant. »

La reconstruction du paradis<br/>
Robert Lalonde<br/>
Éditions du Boréal<br/>
184 pages
Photo courtoisie
La reconstruction du paradis
Robert Lalonde
Éditions du Boréal
184 pages