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Il est où le popcorn, il est où?

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Dans les chaumières, ça ne jasait que de ça. Je n’aurais même pas été surprise que Louise Latraverse sorte un t-shirt avec les mots : « Le popcorn, crisse ! »

Pour résumer, le gouvernement a d’abord déclaré que le popcorn était dangereux s’il était consommé dans les cinémas... pour ensuite annoncer qu’il allait subventionner le popcorn avec l’argent des contribuables qui n’auront pas le droit de manger du popcorn dans les cinémas.

Et vous trouviez que 2020 était une année surréaliste ?

BEURRER ÉPAIS

Même des gens très sérieux, des commentateurs politiques habitués de parler avec passion des détails de la Constitution, étaient prêts à déchirer leur chemise pour retrouver le droit de manger des cochonneries dans une salle obscure. L’heure est grave.

À partir du 26 février, en zone rouge, vous allez pouvoir aller dans la majorité des cinémas qui auront accepté d’ouvrir. Mais sans popcorn hors de prix. Sans bonbons hors de prix. Sans boissons gazeuses hors de prix. Sans nachos ensevelis sous une matière orangée vendue sous le nom de fromage. 

Personnellement, je n’ai jamais compris quel était l’intérêt de manger au cinéma, un plateau en carton en équilibre instable sur les genoux.

Et j’ai toujours été scandalisée des prix exorbitants des concessions alimentaires.

Richard MacKenzie, professeur à l’université de Californie, a déjà calculé que vous payez en moyenne votre popcorn 788 % son coût de production. Pour les liqueurs, vous payez 558 % du coût de production.

Ça fait des années que les cinémas ont un modèle d’affaires basé sur une entente tacite entre le client et le proprio : « On fait semblant qu’on ne sait pas que vous nous chargez 800 fois le prix de vos produits pour compenser le fait que ce n’est pas payant de montrer des films ».

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Ce qui me jette à terre, c’est la naïveté du gouvernement Legault qui pensait pouvoir autoriser la réouverture des cinémas sans autoriser la vente de nourriture. C’est comme dire à La Senza qu’ils peuvent rouvrir, mais qu’ils ne peuvent pas vendre de soutien-gorge.

Tout ce popcorngate me mène à poser quelques questions :  

  1. Ça va vous tenter, vous, de passer deux heures à porter le masque en regardant un film ?  
  2. Qu’est-ce qui va empêcher Pierre de cacher un sac de popcorn dans son sac à dos, Marie de cacher un Coke entre ses deux seins ou Sabrina de dissimuler un hamburger dans son sac à main ?  
  3. Si c’est si dangereux de manger assis dans un lieu fermé, pourquoi avoir rouvert les cinémas (où les gens ont l’habitude de manger), et pas les théâtres (où les gens n’ont jamais eu l’habitude de manger) ?  
  4. Comment se sent le personnel hospitalier qui a passé 18 heures sans dormir à sauver des patients de la COVID-19 quand il entre dans son auto et entend à la radio que les Québécois s’entredéchirent pour du maïs soufflé ?      

SUR L’ÉCRAN NOIR DE MES NUITS BLANCHES

Cela dit, j’ai très hâte au 26 février. Enfin ! Je vais pouvoir dire à mon ado : « Lâche ton écran de PS4, ton écran de DS, ton écran de cellulaire, ton écran d’iPad scolaire, on va aller s’installer... devant un écran de cinéma ».