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Les futurs travailleurs ont besoin de nous

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Quand je suis entrée sur le marché du travail, j’avais l’avenir devant moi. Certes, on parlait de crise économique depuis ma naissance, mais cela n’a pas suffi à ébranler ma confiance en l’avenir. J’avais eu la chance d’avoir un parcours somme toute assez stable. Je n’avais pas vécu de pandémie mondiale, je n’avais pas été coupée de mes amis et de ma famille pendant des mois, je n’avais pas eu de parcours scolaire ou universitaire en dents de scie, voire en totale improvisation en cours d’année.  

Mon environnement était stable. En tant qu’étudiante et jeune embauchée, j’étais donc solide, motivée, l’avenir m’ouvrait grand ses bras. À moi de faire mon chemin, de relever mes défis, et de faire mes preuves. 

Quand je regarde la situation actuelle, je peine à comparer l’expérience des étudiants et des finissants d’aujourd’hui avec ma propre réalité de l’époque, tant ce qu’ils traversent diffère de ce que j’ai connu. Et pourtant, je me sens responsable d’agir pour eux. 

Des données alarmantes

Les statistiques mises en avant par l’Union étudiante du Québec, ou la Fédération étudiante collégiale du Québec, qui sont extrêmement préoccupantes, en sont une belle illustration. Selon une étude d’un groupe de chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi, près de la moitié des 2700 répondants dit vivre d'importantes manifestations dépressives (47%), de l’anxiété (45%) et de la détresse psychologique (42%). Un tiers des répondants indique avoir vécu d'importants symptômes de stress post-traumatique1.

Que nous disent ces chiffres alarmants? 

À court terme, ces jeunes vont indéniablement avoir besoin de soutien et de ressources pour se maintenir à flot, afin de rester motivés et de conserver l’envie de mordre dans la vie à pleines dents. 

En tant qu’ancienne gestionnaire, je suis très sensible à la délicate position de tous les gestionnaires et les leaders d’aujourd’hui, qui doivent composer avec cette situation inédite, et qui vont accueillir notre relève. Je reste convaincue qu’aider les employés à développer leur capacité d’écoute et d’accueil, et mettre en pratique leur intelligence émotionnelle seront la clé pour des environnements de travail garantissant un niveau élevé de sécurité psychologique. Il faudra former, sensibiliser le monde à ces nouveaux phénomènes liés à la santé mentale, et ce, à tous les niveaux.

À moyen et long terme, je pense que vous et moi, qui avons déjà entamé notre parcours professionnel, avons donc notre petite part de responsabilité dans la suite du parcours de ces jeunes. 

Les leaders de demain

N’oublions pas que nous parlons ici de nos futurs collègues, avec qui nous travaillerons côte à côte, avec qui nous bâtirons des projets, avec qui nous partagerons une partie de notre parcours professionnel. Ils seront pour certains les gestionnaires et les leaders qui façonneront le monde du travail de demain, et qui lui donneront une nouvelle vision. Or, certains commenceront malheureusement leurs premiers mandats déjà écorchés par leur expérience de la pandémie. D’autres auront développé une fragilité psychologique, qui risque de perdurer. Intégrer la santé psychologique dans les programmes de santé mieux-être n’aura jamais été aussi pertinent, voire urgent. 

En tant que futurs collègues ou gestionnaires de cette belle relève, nous aurons sans doute notre petite part de responsabilité pour, peut-être, contribuer à leur faire trouver cette solidité et cette motivation dont ils auront besoin pour relever leurs propres défis professionnels.

Il faudra tenir compte de ces facteurs. Il faudra, collectivement, se souvenir de ce que nous vivons actuellement. 

Pensons donc à nos étudiants, à ces futurs travailleurs qui représentent l’avenir. Ils ont besoin de nous.

Véronique Massin

Responsable de la programmation et du développement des partenariats

Groupe entreprises en santé

1. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1745532/pandemie-etude-stress-uqac

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