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Demi-classes: «Assez désastreux» pour les ados, selon les pédiatres

Demi-classes: «Assez désastreux» pour les ados, selon les pédiatres
Photo d'archives Agence QMI

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Pomme de discorde entre le gouvernement Legault et l’opposition, l’instauration de demi-classes au secondaire risquerait de compromettre encore davantage la motivation et la santé mentale des adolescents, estiment les pédiatres.

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«Socialiser avec un seul groupe, au-delà des amitiés préexistantes, est déjà difficile pour plusieurs. Limiter leurs contacts à un demi-groupe serait assez désastreux», fait valoir la Dre Marie-Claude Roy, pédiatre au CHU de Sherbrooke et membre du conseil d'administration de l'Association des pédiatres du Québec.     

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Si la prudence est de mise avec les nouveaux variants qui se profilent à l'horizon, il faut néanmoins limiter les dommages chez les jeunes, estime-t-elle.     

La Dre Roy croit que la motivation et la santé psychologique des adolescents de 3e, 4e et 5e secondaire sont aussi «passablement atteintes» par la fréquentation de l’école en personne limitée à un jour sur deux.     

«Lorsque la situation épidémiologique le permettra, l'école à temps plein pour tous et la reprise des activités parascolaires seront une priorité, sans aucun doute», insiste-t-elle dans un échange courriel avec notre Bureau parlementaire.    

Roberge a menti, selon le PLQ   

Depuis que le gouvernement a levé le voile, vendredi, sur les avis de la Santé publique, le torchon brûle entre Québec et les partis d’opposition.   

La libérale Marwah Rizqy accuse Jean-François Roberge d’avoir «menti» aux élus et aux Québécois. La péquiste Véronique Hivon estime pour sa part que le ministre de l’Éducation a «contourné les faits». Elles en prennent pour preuve un avis de la Santé publique datant du 22 octobre qui recommandait les demi-classes.    

Cet avis et une dizaine d'autres ont été publiés vendredi dernier par le ministère de la Santé. Ce sont des recommandations de l’équipe du Dr Horacio Arruda au gouvernement Legault. Notons que plusieurs d’entre elles ont été ignorées, comme celles de permettre l'ouverture des cinémas à l'automne ou d’autoriser les personnes seules à accéder à une bulle familiale.     

Mais dans ce cas-ci, fait remarquer la députée de Joliette Véronique Hivon, le ministre s'est commis en affirmant, le 3 décembre dernier, qu'«en santé et en éducation, on suit toujours les recommandations de la Santé publique».   

«Ça s’appelle carrément un mensonge!, s’indigne sa collègue libérale de Saint-Laurent. On n'a pas le sentiment d’avoir l’heure juste. Même moi, ma confiance est ébranlée, et je ne suis pas une complotiste!»    

Pas des experts en pédagogie

Appelé à commenter la controverse, François Legault a précisé que la faisabilité des demi-classes avait été mise en doute et incité son gouvernement à proposer une autre avenue, soit la présence en classe des adolescents en alternance, une journée sur deux.   

«Ce que je me rappelle très bien, c’est que le Dr Arruda et la Santé publique étaient d’accord avec cette contre-proposition», a insisté le premier ministre, en conférence de presse.   

Le Directeur national de la Santé publique a acquiescé. «Vous comprendrez qu’on n’est pas des experts en pédagogie et il y a des questions de faisabilité. (...) Donc c’est des adaptations de nos recommandations», a-t-il renchéri.   

– Avec la collaboration de Charles Lecavalier