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Des comptes à rendre

HOCKEY-NHL-TOR-MTL/
Photo d'archives, USA TODAY Sports

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Le Canadien croyait avoir résolu un problème qui minait l’organisation depuis des années.

L’éclosion de Nick Suzuki et de Jesperi Kotkaniemi laissait présager une nouvelle ère chez le Tricolore. Dans une division aussi puissante que celle du Canada, on était conscient que la lutte serait éreintante jusqu’à la toute fin.

Mais on estimait que les changements apportés cet automne, l’émergence de Suzuki à sa première saison et les résultats prometteurs obtenus par Kotkaniemi cet été allaient largement modifier la donne.

Tout a démarré comme prévu.

Des victoires, des performances spectaculaires, les nouveaux venus qui s’illustrent, la brigade défensive qui se dresse comme un mur et les deux jeunes centres qui produisent.

Puis, subitement, c’est le noir.

Plus rien ne va.

L’individualisme règne

L’attaque à cinq ne marque plus. En infériorité numérique, les résultats sont décevants. L’équipe souffre d’un profond malaise où l’individualisme prime. À preuve, dimanche, en prolongation, tous les joueurs utilisés voulaient aller marquer le but de la victoire. Pourtant, la consigne à trois contre trois, c’est de s’échanger la rondelle, de patiner de façon à semer la confusion chez l’adversaire.

Qu’a-t-on vu pourtant ?

Ben Chiarot qui quitte le territoire à vive allure, s’amène chez les Sénateurs et tente un jeu individuel. À ce que je sache, il est loin d’avoir les attributs des grands défenseurs de l’histoire.

Depuis le 4 février, alors que les Sénateurs s’arrêtaient à Montréal après un désastreux voyage dans l’Ouest canadien et remportaient une victoire de 3 à 2, le Canadien présente un bilan inquiétant de 2-4-1. Cinq points sur une possibilité de 14. 

Comme je le précisais, son attaque à cinq est en panne sèche avec un seul but au cours des huit derniers matchs.  

Comment le CH peut-il alors rivaliser avec les meilleures formations de la division Nord ? La production des joueurs de centre (voir le tableau) montre une faiblesse criante.

Le Canadien occupe le sixième rang, alors que les trois premiers centres comptent seulement trois points de plus que ceux des Sénateurs. Edmonton et Toronto font bandes à part. C’était à prévoir. Mais doit-on s’interroger sur Kotkaniemi et également sur Phillip Danault ? On les aime bien, mais il faudra idéalement des résultats. Le centre n’a aucun but cette saison.

La responsabilité des entraîneurs

On a modifié les trios, mais les résultats tardent à venir. KK a deux buts et Suzuki, plus impliqué dimanche à Ottawa, a récolté son quatrième but de la saison. Il n’avait pas marqué depuis trois semaines. On comprend qu’ils sont jeunes et qu’ils ont besoin d’aide. Mais, au bout du compte, ce sont les résultats qui font foi de tout. À cet égard, les entraîneurs, Claude Julien en tête, ont également leur large part de responsabilité. 

Ils doivent trouver des solutions à une attaque à cinq qui devrait changer la donne. Pourtant, elle ne parvient pas à sortir du bourbier dans lequel elle est empêtrée depuis trop longtemps.

Cette équipe est loin de celle que l’on a épiée en début de saison.

Elle ne joue plus avec l’énergie qui lui permettait de se démarquer de la compétition. Son manque de concentration est flagrant.  

Et pour Marc Bergevin, l’inquiétude doit meubler son quotidien présentement, surtout devant les performances de Shea Weber et de Carey Price, les deux joueurs qu’il a déterminés pour porter l’équipe sur leurs épaules. 

Le CH peine au centre

La production des trois meilleurs joueurs de centre des équipes de la section Nord.

Edmonton 70 points
Toronto 57 points
Winnipeg 38 points
Calgary 37 points
Vancouver 37 points
Montréal 27 points
Ottawa 25 points