/finance/business
Navigation

Garder nos talents pour créer de la richesse ici

Les cerveaux québécois doivent être mieux rémunérés

Chris Arsenault
Photo courtoisie Chris Arsenault est persuadé que le Québec peut bâtir des technos de classe mondiale en seulement huit ou dix ans.

Coup d'oeil sur cet article

Chris Arsenault, un des cofondateurs de la firme québécoise de capital de risque Inovia Capital, estime qu’il est urgent de mieux payer nos talents pour éviter qu’ils quittent le Québec pour de bon.

« Le plus gros risque des 20 ou 30 dernières années pour le Québec aujourd’hui, c’est de laisser aller son talent à l’extérieur », a plaidé M. Arsenault, en marge de son passage au Cercle canadien, hier.

« Il faut mieux le payer parce que la compétition est prête à le payer et à le faire travailler où il vit », a ajouté celui qui a cofondé en 2007 une firme dont les investissements pèsent aujourd’hui pas moins de 1,4 milliard de dollars.

Hier, l’investisseur derrière les succès de Hopper, Lightspeed, Luxury Retreats, ou encore Sonder, a affirmé que le Québec est dans un momentum, mais qu’il faut sortir le portefeuille pour mieux payer les cerveaux si l’on veut bâtir de vrais géants québécois.

« Il faut créer de la richesse au lieu d’être une terre promise pour des acquéreurs américains », a résumé Chris Arsenault.

Chaque fois qu’il a un bon CV sous les yeux, il voit défiler les noms de Québécois qui n’habitent malheureusement plus ici. 

« On a l’opportunité de les ramener. C’est pour ça qu’il faut être compétitif », insiste-t-il.

Manque d’agressivité

Selon lui, une grande partie de nos firmes de capital de risque et investisseurs ne sont pas assez agressifs et « jouent pour ne pas perdre au lieu de jouer pour gagner ».

« L’histoire d’Element AI n’est pas différente de ce qui s’est passé il y a dix ans ou vingt ans ou les années 1990. On laisse toujours l’opportunité aux Américains de nous acheter au lieu de regarder et dire ce dont on a besoin pour se projeter dans 10 ans », poursuit Chris Arsenault.

D’après lui, les Québécois sont capables de bâtir des entreprises de trempe mondiale en huit ou dix ans plutôt qu’en 20 ans vu la maturité de l’écosystème, mais pour cela il faut gagner la guerre de talents.

Au cours de la dernière année, Inovia, la Caisse de dépôt et Novacap ont créé deux entreprises de l’envergure de CGI, Lightspeed et Nuvei, ajoute-t-il.

Contrairement à d’autres, Chris Arsenault ne déchirera cependant pas sa chemise sur la question des crédits d’impôt offerts aux étrangères ici.

« Si tu grandis au rythme de tes crédits d’impôt, ça veut dire que tu n’as pas d’ambition. Ça veut dire que tu n’as pas la capacité d’aller chercher le capital dont tu as besoin », conclut-il.