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Hommage à Jean Garon: impasse dans les négociations entre la famille et la Ville de Lévis

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Photo d'archives, Daniel Mallard L'ancien maire de Lévis Jean Garon

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Les proches de Jean Garon rejettent officiellement les trois contre-propositions de la Ville de Lévis visant à lui rendre hommage et continuent de militer pour que la route du Président-Kennedy soit rebaptisée en son honneur. 

L’ancien maire de Lévis – qui fut auparavant ministre de l’Agriculture dans le cabinet Lévesque et ministre de l’Éducation dans le cabinet Parizeau – est décédé il y a plus de six ans, le 1er juillet 2014. Ses proches tentent de convaincre la Ville de Lévis depuis plusieurs années pour qu’elle honore comme il se doit ce membre fondateur du Parti québécois.  

Les négociations avec le Comité de toponymie de la Ville de Lévis ont toutefois achoppé lundi. La famille de Jean Garon estime que les suggestions du comité – qui n’ont toujours pas été dévoilées publiquement à ce jour – ne sont pas à la hauteur de sa contribution au développement de la Ville de Lévis et n’auraient pas une visibilité significative.  

Seul le changement de nom de la route du Président-Kennedy, qui pourrait être rebaptisée le «boulevard Jean-Garon» sur le territoire de Lévis, est acceptable à leurs yeux. Jean Garon a joué un rôle «crucial», rappellent-ils, dans l’élargissement de cette route à quatre voies, de Lévis jusqu’à Saint-Henri, contribuant ainsi à dynamiser le secteur commercial de cette artère. 

«Sans la vision, la détermination et le poids politique de Jean Garon, cette section de la route Kennedy aurait continué longtemps à être une des routes régionales à deux voies les plus meurtrières au Québec», fait-on valoir dans un document déposé à la Ville de Lévis.  

78 % des commerçants sont contre

Dans ce dossier, la Ville de Lévis doit aussi composer avec une forte opposition des commerçants installés sur la route du Président-Kennedy. Pas moins de 78 % d’entre eux sont contre, révèle un sondage de la Chambre de commerce de Lévis mené auprès de 125 entreprises.  

Les entreprises, qui redoutent plusieurs impacts négatifs, évoquent le risque de confusion pour leurs clientèles et les frais associés à un changement d’adresse. Certaines entreprises utilisent par ailleurs le terme «Kennedy» dans le nom de leur établissement, note la Chambre de commerce qui se range derrière ses membres et s’oppose aussi au changement de nom.  

«Nous sommes en accord avec le fait de pouvoir honorer des personnalités publiques marquantes pour la communauté de Lévis. Cependant, les impacts négatifs évoqués par les entreprises situées sur le boulevard Président-Kennedy nous démontrent bien que de modifier le nom d’une artère commerciale aussi névralgique n’est pas la solution à privilégier», a déclaré la vice-présidente exécutive de la chambre, Marie-Josée Morency, mardi matin, dans un communiqué.  

Selon l’ancien attaché de presse de M. Garon, Simon Bégin, qui accompagne la famille dans ses démarches, il n’appartient pas aux intérêts privés de trancher, mais bien aux pouvoirs publics de le faire, n'en déplaise aux commerçants, puisque l’artère commerciale est un bien public, a-t-il réagi. 

Prêts à attendre encore plusieurs années

Conscients que le «timing» n’est pas optimal pour une telle commémoration, en pleine crise sanitaire, les proches de Jean Garon sont même prêts, désormais, à mettre de l’eau dans leur vin pour que le changement de nom de la route se fasse «en temps et lieu» et soit retardé de plusieurs années, si cela leur permet de parvenir à leurs fins. 

«Face à la principale préoccupation du Comité de toponymie qui, de toute évidence, est de ne pas déranger personne avec cet hommage à Jean Garon, la famille et les amis comprennent qu'en cette période de pandémie les entreprises qui ont pignon sur rue sur le boulevard Kennedy ont d’autres préoccupations qu’un changement d’adresse», peut-on lire dans un communiqué.  

Ils demandent à la Ville de Lévis une «déclaration de principe» pour que la route du Président-Kennedy soit renommée «dans un horizon de trois ans après la fin de la pandémie». Ils réitèrent également leur demande de rencontre avec le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, pour lui exposer en personne leurs arguments.  

«L’histoire est patiente et nous sommes convaincus qu’un jour la mémoire de Jean Garon sera reconnue à sa juste valeur par la ville qu’il a tant servie», prédisent les membres de la famille et les amis de Jean Garon qui signent le communiqué.