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La semaine de vérité pour Claude Julien

Pratique du Canadien
Photo d’archives, Ben Pelosse Est-ce que Claude Julien est capable de laisser les jeunes attaquants se développer et produire dans leur style de jeu ?

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Marc Bergevin a rempli une partie de son mandat pendant la saison morte en allant chercher des joueurs comme Josh Anderson. De gros gaillards qui scorent à l’attaque et qui frappent à la défense.

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Mettons qu’Alexander Romanov est plus un patineur hors pair et un défenseur doué qu’un cogneur, mais il contribue certainement à améliorer le Canadien. 

Et dans les faits, la fiche du Canadien est plutôt bonne. L’équipe a connu un bon début de saison et les joueurs, comme libérés du carcan défensif imposé par Claude Julien, se sont rués à l’attaque. Résultat : plusieurs victoires à la 6 à 4 dans la besace.

Puis, Carey Price a commencé à murmurer qu’il faudrait resserrer la défensive. Et Claude Julien a dit et répété qu’il faudrait mieux jouer sans la rondelle. 

Résultat des courses. Le Canadien ne gagne plus 7 à 5, il perd 3 à 2. 

Le congédiement de Michel Therrien

Marc Bergevin a montré dans le passé qu’il est un homme patient. La fiche de Claude Julien avec le Canadien est médiocre. Le contrat à 5 millions US par saison de Julien le mettait à l’abri d’un congédiement hâtif. On ne congédie pas un coach quand son départ va coûter 15 millions à l’organisation. Mais les années ont passé et rien ne dit que les millions restant au contrat pèsent assez lourd pour protéger totalement le coach.

On l’a vu avec Michel Therrien.

C’est la façon dont une équipe joue et progresse qui influence le plus Bergevin. Therrien a été congédié alors que le Canadien était en première place de sa division. Mais les derniers matchs avaient été mollassons. 

On ne peut pas dire qu’après un départ canon, le Canadien joue avec conviction. C’est plutôt triste à voir aller.

La ligne de centre

Depuis les beaux jours de Jean Béliveau et de Stan Mikita qu’on dit qu’une ligne de centre très forte assure le succès d’une équipe. Moi aussi, je trouve que Nick Suzuki a un beau potentiel. Mais de là à charrier un club, il y a une maudite nuance.

Quant à Jesperi Kotkaniemi, il a un beau physique, un beau sourire, mais, quand le jeu devient plus difficile, plus serré, il perd beaucoup de ses moyens. C’est à trois contre trois qu’il est le plus dangereux.

Le troisième centre est Phillip Danault. J’aime Danault mais il n’a qu’un but dans ses 30 quelque dernières parties. Tout ne peut pas être de la faute du coach ou des autres joueurs. Peut-être que la perspective de signer un nouveau contrat à la fin de la saison pèse lourd sur les épaules de Danault, mais, en attendant, Claude Julien doit composer avec une ligne de centre qui n’a pas 10 buts depuis le début de la saison. Heureusement que Josh Anderson et Tyler Toffoli produisent aux ailes, sinon ça sentirait la catastrophe.

Le vieillissement des stars

Mais ces jeunes joueurs d’attaque, est-ce que Claude Julien est capable de les laisser se développer et produire dans leur style de jeu ? Je regarde aller les choses et je me dis que le côté conservateur de Julien prend vite le dessus quand les choses se corsent le moindrement. Il va payer le prix si les jeunes que Marc Bergevin a vendus aux fans, aux fefans et surtout à Geoff Molson se mettent à stagner. 

Dans sa tête, Marc Bergevin est convaincu qu’il a fourni les joueurs nécessaires pour avoir une équipe supérieure. Si ça se traîne au niveau des pissenlits, il va réagir. 

Claude Julien est également pris dans un étau avec les deux supposés piliers de l’équipe. Shea Weber demeure un bon général, mais il a ralenti depuis le début de la saison. Ça peut être l’âge comme ça peut être une blessure qu’il soigne tout en jouant. Chose certaine, Weber n’est pas le joueur de défense capable de piloter la défensive du Canadien depuis le début de la saison. Et il serait surprenant qu’il prenne de la vitesse au cours des prochains mois.

Quant à Carey Price, il doit verdir quand il lit que Jaroslav Halak a la meilleure moyenne de buts accordés par match à 1,66. Le nom de Price n’apparaît même pas dans les statistiques publiées dans les médias. 

Tous des matchs de quatre points

Ces dernières années, Price avait l’habitude de connaître un mois de novembre affreux. On se disait que ça devait être la lumière triste de novembre qui l’affectait. Ou la saison de la chasse. Mais là, on approche du mois de mars. On est à 28 jours du printemps. Calvaisse, c’est le temps de jouer au hockey.

C’est tôt dans la saison. Mais ce n’est pas une saison comme les autres. On joue seulement 56 matchs contre six adversaires. Autrement dit, ce ne sont que des matchs de quatre points. 

Ottawa est une victoire obligatoire. Après, les Jets de Winnipeg attendent Claude Julien et ses hommes pour deux matchs.

C’est pas le temps d’en perdre trois collés.