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Le Manoir Liverpool contre-attaque

Qualifiant le rapport du CISSS de «foutaise», les propriétaires veulent «laver leur réputation», notamment avec une enquête publique

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«Enquête bâclée», «processus biaisé», «foutaise». Les propriétaires du Manoir Liverpool répliquent aux allégations de maltraitance dévoilées dans un rapport du CISSS de Chaudière-Appalaches dont ils rejettent les conclusions avec véhémence. Ils réclament maintenant une «vraie enquête publique» et menacent de poursuivre les ministres Christian Dubé et Marguerite Blais.

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Par l’entremise de leur avocat Jean-François Bertrand, les propriétaires du Manoir Liverpool ont entrepris mardi un processus qui, croient-ils, leur permettra «de laver leur réputation».

Qualifiant de «foutaise» l’enquête interne du CISSS qui a mené aux déboires de ses clients, Me Bertrand a demandé au gouvernement d'enclencher un processus transparent pour faire la lumière sur les allégations de maltraitance institutionnelle.

Le ministre de la Santé Christian Dubé a annoncé dans les dernières semaines une enquête externe de son ministère, mais, selon les propriétaires, ce n’est pas suffisant.

«Nous n’accepterons pas que le gouvernement du Québec instrumentalise ce dossier-là [...] pour vendre sa Maison des aînés. On n’acceptera pas non plus de servir de bouc émissaire pour décrire un problème qui n’est pas celui du Manoir Liverpool», a martelé Jean-François Bertrand, mardi, demandant une enquête publique en bonne et due forme.

«Nous allons faire [la recherche de vérité] devant le tribunal de droit commun et/ou devant une enquête publique qui respectera vraiment les termes de ce qu’est une véritable enquête publique.»

Poursuite contre les ministres?

La suite se passera donc devant les tribunaux entre le CISSS de Chaudière-Appalaches et le Manoir Liverpool.

«L’objectif poursuivi par mes clients est de rétablir leur réputation et celle du Manoir Liverpool, pour qu’enfin la vérité sorte au grand jour», explique Me Bertrand.

Claude Talbot et Manon Belleau réclament notamment 700 000$ au CISSS de Chaudière-Appalaches pour dommages et intérêts.

D'autre part, il n’est pas exclu que les propriétaires entreprennent des démarches judiciaires contre les ministres Christian Dubé et Marguerite Blais, qu’ils accusent de propos diffamatoires.

«Tous ceux, dont les ministres Dubé et Blais, qui se sont permis de qualifier d’un paquet de propos diffamatoires les propriétaires du Manoir Liverpool devront répondre de leurs propos devant les tribunaux. [...] Il n’y a pas de bluff là-dedans», a clairement établi Me Jean-François Bertrand, précisant avoir un an pour intenter une action.

«Comment se fait-il?»

Lors de son point de presse, l’avocat des propriétaires a aussi énoncé les bases de ce qui sera la défense des propriétaires dans la bataille judiciaire qui s’est amorcée la semaine dernière avec le dépôt d’une demande d’injonction devant la Cour supérieure.

Pour Manon Belleau et Claude Talbot, il ne fait aucun doute que les faits présentés par le CISSS de Chaudière-Appalaches dans la synthèse de son rapport sont faux.

Nommant les médecins, dirigeants et employés du CISSS, inspecteurs et autres qui ont défilé au Manoir Liverpool et qui n’ont rien signalé d’anormal au fil des ans, Me Bertrand se questionne sur ce qui a pu mener à un rapport si dévastateur.

«Est-ce que les gens nommés sont tous des incompétents ou bien tous des complices? La réponse est non. Ce serait de croire à la théorie du complot», a souligné l’avocat, insistant sur «l’impossibilité» de camoufler de tels manquements.

«Mais comment faisons-nous, en un tour de main, quand la situation est aussi insalubre, pour camoufler ça lors d’une visite surprise ou lorsque Agrément Canada vient délivrer le certificat de conformité? Comment on fait pour camoufler ça aux médecins qui viennent prodiguer des soins?» se questionne l’avocat des propriétaires.

«Ça ne fonctionne pas.»

Les faits reprochés au Manoir Liverpool  

Dans un rapport interne publié au début du mois, le CISSS énonçait entre autres les blâmes suivants:  

  • Plans de soins non respectés    
  • Hygiène négligente des résidents    
  • Espacement de plusieurs jours entre les bains    
  • Résidents oubliés aux repas    
  • Pas de nourriture supplémentaire pour les résidents ayant encore faim    
  • Sonnettes ignorées et téléphones hors d’usage    
  • Chambres et salles de bain souillées d’urine et d’excréments    
  • Pénurie de personnel criante    
  • Tentatives de masquer les manquements lors d’inspections    
  • Gestion déficiente des médicaments