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Internet: les satellites, l’espoir des régions éloignées

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La solution tant attendue pour que les régions rurales et éloignées du monde entier soient branchées à un service internet adéquat pourrait passer par une nouvelle génération de satellites, comme ce que proposent SpaceX d’Elon Musk ou l’entreprise canadienne Télésat. 

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Contrairement au système satellitaire géostationnaire traditionnel, posté à 36 000 kilomètres de la Terre, les nouveaux satellites, placés en orbite terrestre basse (LEO), sont à seulement 1000 kilomètres et moins du sol. 

Ces satellites offrent un délai de transmission de données équivalent aux réseaux de fibres optiques actuels. C’est le cas de la constellation Starlink développée par la société SpaceX. 

«Il est un peu tôt pour dire si ces satellites vont résoudre tous les problèmes, mais les perspectives semblent meilleures que jamais», a expliqué Duncan Stewart, directeur de la recherche dans le secteur des technologies, médias et télécommunications chez Deloitte Canada. 

PHOTO COURTOISIE: FSET Information Technology/Upriver Media

Coûts

Plusieurs entreprises, tant privées que publiques, se positionnent déjà dans le ciel en vue de saisir leurs parts de marché de cette véritable mine d’or. Le projet Starlink semble avoir une avance, mais le géant Amazon veut aussi sa part du gâteau (voir encadré). 

Toutefois, les coûts de fabrication et d’entretien (voir encadré) soulèvent la question de savoir comment assurer un tarif abordable au petit consommateur? 

Les subventions et programmes gouvernementaux joueront certes un rôle important dans l’équation. Au Canada, le fédéral a dévoilé en novembre une entente de 600 millions $ avec l’entreprise Télésat afin d’assurer une connectivité large bande haute vitesse à prix accessibles dans tout le pays. 

Le Québec, de son côté, a annoncé jeudi dernier une contribution de 450 millions $ dans le programme de satellites Lightspeed de Télésat qui prévoit, en échange, implanter son centre de contrôle des satellites à Gatineau. Cinquante des 450 millions $ sont destinés à la société MacDonald Dettwiler et Associés qui participera aussi au projet. 

La constellation de satellites de cette compagnie, dont le siège social est à Ottawa, pourrait desservir de façon plus efficace, rapide et abordable quelque 45 000 foyers québécois. 

«Nous proposerons des accès abordables à la haute vitesse aux endroits où la fibre optique est trop coûteuse ou trop longue à déployer», a indiqué Michele Beck, vice-présidente aux ventes pour l’Amérique du Nord chez Télésat. 

Les premiers satellites LEO de Télésat devraient être lancés à la fin de 2022. Les services commerciaux pourraient être disponibles au troisième trimestre de 2023. 

PHOTO COURTOISIE: FSET Information Technology/Upriver Media

Starlink: desservir la planète    

AFP

Avec sa constellation Starlink développée par sa firme SpaceX, Elon Musk rêve de rendre internet accessible partout dans le monde, pour toutes les communautés éloignées et rurales qui n'ont pas accès aux infrastructures traditionnelles. Ce projet est chiffré à environ 10 milliards $.

La version bêta, disponible aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans certaines parties du Canada, propose un débit de 50 à 150 Mbit/s, contre un temps de latence d'à peine 20 à 40 millisecondes. Le réseau doit continuer à se développer en 2021, notamment au Québec. 

Il y a toutefois un coût: le terminal coûte environ 650 $ CAN, tandis que l'abonnement mensuel est de 130 $ CAN. 

À ce jour, un peu plus d'un millier de satellites ont été mis en orbite, grâce aux fusées de SpaceX, depuis le lancement des premiers prototypes en février 2018. À terme, la constellation doit réunir au moins 12 000 petits satellites d'ici 2025, quoique la société envisage déjà d'en ajouter 30 000 de plus. 

La constellation suscite certaines craintes et inquiétudes, notamment pour les astronomes, puisque les premiers satellites étaient extrêmement brillants dans le ciel nocturne. Des spécialistes s'inquiètent aussi pour la pollution spatiale générée par ces engins spatiaux, qui accroissent le risque de collisions avec d'autres satellites et des missions habitées. 

Télésat: la version canadienne    

Pendant que SpaceX déploie ses satellites, l'entreprise canadienne Télésat développe sa constellation Lightspeed, qu'elle espère commencer à exploiter vers la mi-2023.

Télésat compte aussi mettre ses satellites en orbite basse, mais elle mise sur des appareils beaucoup plus imposants en taille et en poids. Si bien qu'elle ne déploiera que 298 satellites pour alimenter son réseau internet, qui vise à offrir une bande passante minimale de 10 à 50 Mbit/s. 

 

Projet Kuiper d’Amazon    

Amazon veut consacrer pas moins de 10 milliards $ US pour déployer une constellation de plus de 3000 satellites en orbite basse dans la même optique que les autres, soit de fournir de l'internet à haut débit partout dans le monde.

Selon la compagnie, son prototype qui mesure 30 cm de diamètre offre des vitesses allant jusqu'à 400 mégabits par seconde. Le projet d’Amazon, intitulé Kuiper, a obtenu l’an dernier l’aval des autorités américaines.