/opinion/columnists
Navigation

Voici la plus récente micro-agression raciste

Coup d'oeil sur cet article

Avez-vous déjà demandé à une personne qui avait un accent étranger ou un look exotique de quel pays elle venait ?

Oui ?

Arrêtez ça tout de suite. 

Paraît que c’est une microagression raciste.

MÉCHANTS FRANCOPHONES !

La semaine dernière, le bulletin interne de l’UQAM a publié les résultats d’une enquête menée par une doctorante en sociologie sur « la construction de l’expérience sociale chez de jeunes adultes québécois de la seconde génération issus de l’immigration africaine subsaharienne (Cameroun, Congo, Rwanda et Burundi) ».

La chercheuse, Bénédict Nguiagaina, a interrogé une vingtaine de Montréalais âgés de 18 à 33 ans afin de mieux comprendre pourquoi ils ne se définissent pas comme Québécois.

Une des raisons invoquées ? On leur demande trop souvent d’où ils viennent.  

« C’est comme s’il était impossible pour les Québécois de concevoir qu’une personne noire soit née au Québec », de dire la chercheuse. Pour madame Nguiagaina, cela explique
pourquoi beaucoup de jeunes « racisés » se sentent plus à l’aise dans les milieux anglophones que francophones. 

Parce que les anglophones de Montréal seraient plus ouverts.

« Les anglophones font davantage l’effort de bien prononcer les noms de famille, quitte à demander une seconde fois le nom de la personne, tandis que la plupart des francophones ne feront pas cet effort. Ils vont massacrer le nom ou se contenter de dire madame ou monsieur. 

« Pour les anglophones, les personnes issues des minorités visibles ne sont pas systématiquement des étrangers. »

UN SIGNE DE FERMETURE ? VRAIMENT ?

Les francophones massacrent les noms de famille étrangers alors que les anglophones font un effort pour bien les prononcer...

Euh, je m’excuse mais... ce n’est pas un amalgame, ça ? Une généralisation ? Pour ne pas dire un stéréotype anti-Québécois ? 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Mettre tous les Noirs (ou tous les Juifs ou tous les Asiatiques) dans le même panier, c’est discriminatoire, mais mettre tous les Québécois francophones dans le même panier, c’est correct ? 

Autre remarque : se pourrait-il que demander à une personne d’où elle vient ne soit pas un signe de fermeture, mais au contraire, une preuve de curiosité, d’intérêt envers l’autre ?

Je ne sais pas le nombre de fois où j’ai utilisé cette phrase pour engager une conversation avec quelqu’un. 

Pas pour vérifier si la personne était « une bonne et une vraie Québécoise » ! Juste pour amorcer la discussion.

« Je remarque que vous avez un accent, vous venez d’où ? De Syrie ?

– Non, du Liban.

– Oh la la, ça va mal dans votre pays d’origine, non ? Avez-vous encore de la famille là-bas ? Est-ce que les choses vont mieux ? »

Et voilà, la glace est brisée, et le lien est établi. 

Si vous saviez toutes les discussions passionnantes que j’ai eues grâce à cette phrase !

VOIR DU RACISME PARTOUT

Oui, il m’est arrivé que la personne me réponde : « Je suis né au Québec... » Et alors ? Je pars à rire, je m’excuse et on passe à un autre sujet...

Faut-il appeler la Commission des droits de la personne chaque fois qu’un Québécois francophone blanc pose cette question ?

À force de voir du racisme partout, on finit par banaliser le vrai racisme. 

Vous ne pensez pas que les Blancs qui ont un accent français ne se font pas demander d’où ils viennent ?