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Impacts de la pandémie: l'aéroport de Québec prévoit devoir encaisser un déficit total de 100 M$

Visite media de l agrandissement de l aeroport de Quebec, nouvelle aerogare internationale, Quebec, 16 novembre 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Photo d'archives

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Ébranlé par des mois «extrêmement difficiles», l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) estime qu’il faudra au minimum cinq ans avant de renouer avec un achalandage normal. Ne pouvant plus compter sur le trafic aérien, la direction veut diversifier ses activités afin d’être moins vulnérable et les gouvernements devront mettre l’épaule à la roue.

«La pandémie nous frappe de plein fouet», a répété mercredi le président et chef de la direction de YQB, Stéphane Poirier. «Au pire de la crise, nous avons atteint un sommet de cinq passagers par jour au lieu de 3000 à 5000 comme à l’habitude», a-t-il ajouté, pour illustrer la situation. 

Le grand patron de l’endroit chiffre à 100 M$ le déficit que devra encaisser l’établissement avant de renouer avec la rentabilité vers 2025, si tout va bien. Pour l’année 2021, le gouffre anticipé est de 50 M$. 

Actuellement, une centaine de personnes par jour utilisent les installations de l’aéroport de Québec. Mercredi, seulement 11 départs étaient à l’horaire. En 11 mois, ce sont 90% des revenus qui sont partis en fumée. 

«On doit réaliser que la reprise ne passe pas par un retour rapide des passagers», a concédé M. Poirier. «On doit diversifier nos revenus.»

Dans le cadre d’une visioconférence organisée par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, le président a présenté le plan de relance de YQB pour les prochaines années. Cinq chantiers sont dans les cartons. L’aide de Québec et d’Ottawa sera nécessaire pour appuyer ces projets.  

M. Poirier a aussi profité de sa tribune pour rappeler que le Canada est le seul pays parmi les membres du G7 à ne pas avoir encore aidé directement le secteur aérien, qui souffre énormément des impacts de la pandémie. 

«Nous n’avons demandé aucune aide financière pour les déficits qu’on doit subir par le fait que nous sommes un service essentiel», a-t-il souligné. «On ne peut pas faire cavalier seul dans notre plan de relance», a-t-il ajouté, qualifiant de «grain de sable sur une plage» l’aide qu'Ottawa a offerte jusqu’à présent aux entreprises dans son industrie.  

Plan de relance

Dans son plan de relance, la direction de YQB prévoit notamment aménager un parc aéroportuaire. Un projet de 70 M$, dont 10 M$ pour la première phase. Déjà, plusieurs entreprises auraient démontré de l’intérêt pour s’installer sur ce site de 1,2 million de mètres carrés. Les discussions pour les projets d’hôtels sont toutefois sur la glace, pour le moment. 

Visite media de l agrandissement de l aeroport de Quebec, nouvelle aerogare internationale, Quebec, 16 novembre 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Photo courtoisie

La direction aimerait aussi mettre sur pied une «plateforme logistique intermodale – cargo». Ce centre de fret aérien est un projet de 25 M$, dont 12,5 M$ devront provenir des coffres du gouvernement fédéral. Une aide provinciale sera également nécessaire. 

Au total, ce sont 35 M$ que YQB demande aux gouvernements pour pouvoir démarrer ses chantiers. 

L’aéroport souhaite aussi attirer davantage de passagers pour des départs de Québec en offrant, entre autres, des incitatifs aux agences de voyages, en diminuant les frais de stationnement et en bonifiant l’expérience des clients.  

YQB misera aussi sur un meilleur réseau de transport aérien régional pour améliorer ses finances. L’administration souhaite «connecter plus de régions à l’économie mondiale». 

Quant au centre de prédédouanement américain, un chantier de 75 M$, M. Poirier croit toujours à ce projet «à moyen ou long terme». 

«On continue à travailler fort. La nouvelle administration Joe Biden aux États-Unis semble avoir un intérêt pour faire la promotion des centres de prédédouanement [...] et aussi pour la reconnaissance faciale, qui est un projet qui nous tient à cœur», a conclu M. Poirier.