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Maurice Tanguay: la disparition d’un bâtisseur et grand amateur de sport

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Pionnier, bâtisseur et passionné: Maurice Tanguay a marqué le monde du sport québécois à sa manière et la nouvelle de son décès a provoqué une onde de choc chez ceux qui ont bien connu l’homme d’affaires dans le cadre d ses projets sportifs couronnés de succès.

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Tout au long de sa vie qui a été marquée par de multiples réalisations comme entrepreneur et philanthrope, Maurice Tanguay a toujours accordé une grande place au sport dans son quotidien.

De sa jeunesse où il pratiquait le sport au Collège de Lévis à la fondation de l’Océanic de Rimouski et du club de football du Rouge et Or de l’Université Laval, Maurice Tanguay n’a laissé personne indifférent sur son chemin.

Sous sa gouverne, l’Océanic a remporté la coupe Memorial, emblème de la suprématie du hockey junior canadien, en 2000, et a soulevé trois fois la coupe du Président (2000, 2005 et 2015). Sa contribution a également guidé le Rouge et Or vers son lot de championnats sur la scène québécoise ainsi que vers 10 coupes Vanier, symbole par excellence du football universitaire canadien. Il est membre du Panthéon des Sports du Québec et du Temple de la renommée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

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Un «grand vide»

«On perd un très bon ambassadeur pour le hockey junior et pour le Québec. Il a été un pionnier qui a été bon pour les joueurs, l’organisation, la ville et la ligue», a déclaré le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, joint jeudi soir par Le Journal.

«C’est très triste et c’est un choc. On savait que ça arriverait un jour, mais le choc est arrivé aujourd’hui. Je parlais à mon fils et au petit-fils de Maurice, on parlait d’affaires et personne ne se doutait que ça allait arriver», a mentionné André Jolicoeur, l’un de ses partenaires de la première heure de la franchise rimouskoise.

Patrick Roy, qui a été l’un des artisans de la relance des Remparts en 1997 avec Jacques Tanguay et Michel Cadrin, a offert ses condoléances à la famille éplorée par voie de communiqué.

«M. Tanguay était une personne extraordinaire et son départ laissera un grand vide. Toute la famille de la LHJMQ, et particulièrement celle de l’Océanic de Rimouski, perd un homme passionné du hockey et du sport, un grand bâtisseur, un homme qui s’est toujours investi dans la communauté, auprès des jeunes et plus spécialement auprès des enfants malades. Il va tous nous manquer.» 

Sa grande générosité et son amour envers ses joueurs ont souvent été évoqués, au cours des années, par ceux qui ont côtoyé l’homme de près. Sidney Crosby en fait partie. La vedette des Penguins de Pittsburgh avait été envahie par l’émotion lorsqu’elle avait parlé de l’ancien patron de l’Océanic lors du retrait de son chandail en septembre 2019. M. Tanguay se trouvait alors près de lui en fauteuil roulant.

«Lorsque tu veux une organisation de premier plan, ça commence par le sommet. M. Tanguay et son épouse, Madeleine, nous ont tellement bien traités comme joueurs et personnes. Je suis content qu’il ait été présent pour ce moment crucial de ma carrière», avait-il déclaré sur la patinoire du Colisée Financière Sun Life.

Si la famille Tanguay a fondé l’Océanic après avoir acheté puis déménagé les Lynx de Saint-Jean dans le Bas-Saint-Laurent en 1995, l’idée de diriger un club junior ne datait pas d’hier dans la tête de l’homme d’affaires. En fait, elle a germé à la fin des années 1980.

«J’étais allé le rencontrer à ses bureaux de Beauport et ça ne faisait pas longtemps que j’étais président de la ligue. Québec n’avait plus de club et il avait pris des informations pour une franchise. À la fin de la rencontre, il m’avait dit: "Je ne sais pas quand, ni dans quelles circonstances, mais un jour, j’aurai ma franchise dans la LHJMQ"», s’est souvenu Courteau, qui est à la tête du circuit junior depuis 1986.

Une précieuse casquette

Ancien directeur du Service des activités sportives de l’Université Laval, Gilles D’Amboise s’est remémoré les célébrations entourant la première conquête du titre national par le Rouge et Or en 1999 au SkyDome de Toronto. Spectateur attentif lors de ce match contre Saint Mary’s, M. Tanguay avait explosé de joie à la fin des hostilités.

«Je me souviens très bien qu’il était au centre du terrain, très émotif et très heureux de ce qui se passait. Je lui avais remis sa casquette de championnat et c’était comme si je lui avais remis un cadeau incroyable. Il vivait le sport par le sport», a souligné M. D’Amboise.

L’entraîneur des deux premières éditions du Rouge et Or et membre du groupe de fondateurs Mike Labadie lui a aussi rendu hommage.

«C’est un bonhomme qui a tellement donné et qui avait à cœur les sportifs de la région, même plus que les sportifs [...]. C’était une figure paternelle en qui Jacques faisait énormément confiance.»