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Dure année pour Charles Émond

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Nommé au début de 2020 par le gouvernement Legault pour succéder à Michael Sabia, le nouveau PDG Charles Émond ne l’a pas eu facile à sa première année à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Il a tout de même réussi à boucler l’année 2020 avec un gain de 7,7 %. Ce qui est relativement faible à comparer à son propre indice de référence qui mettait la barre à 9,2 %.

Également à titre de comparaison, il faut savoir que les gestionnaires de fonds communs diversifiés, selon la firme Morneau Shepell, ont obtenu un rendement médian de 9,3 % en 2020. C’est donc dire que l’équipe de gestionnaires des portefeuilles de la Caisse, avec leur modeste 7,7 % de rendement, se fait nettement distancer par le groupe des gestionnaires les plus performants de l’année.  

Et pour vous montrer à quel point le rendement de la Caisse est assez faible, sachez qu’avec un portefeuille diversifié composé de seulement trois indices que l’on peut acheter en Bourse comme de simples actions, soit 50 % de XBB (l’indice des obligations canadiennes), 25 % de XIC (l’indice S&P/TSX de Toronto) et 25 % de XWD (l’indice MSCI Monde), on obtenait un rendement de 9,2 % en 2020 ! 

Année hors norme

À la décharge de Charles Émond, l’année 2020 en était une « hors norme », tel que le mentionnait hier la Caisse lors du dévoilement de ses résultats au 31 décembre 2020. 

Un rappel des faits s’impose. Un mois après sa nomination au poste de PDG, le déclenchement de la pandémie du coronavirus allait entraîner les marchés boursiers dans une chute brutale de 30 à 40 %. La vitalité des centres commerciaux subissait un de ses plus grands chocs à cause du confinement lié à la COVID-19. Une grave crise économique s’enclenchait...

Heureusement, la crise économique et la crise sanitaire allaient forcer les banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada, à baisser radicalement leurs taux directeurs.

Cela eut pour effet de faire bondir la valeur marchande des titres à revenu fixe (obligations gouvernementales, corporatives, etc.). 

Et ô miracle, les marchés boursiers allaient « exploser » et récupérer en quelques mois les lourdes pertes subies en mars, et même réussir à terminer finalement l’année en hausse appréciable notamment aux États-Unis. 

La mise au point sur l’année « hors norme » étant faite, si la Caisse s’en tire avec un rendement modeste de 7,7 % c’est en grande partie à cause de la contre-performance de son portefeuille « Immeubles », lequel a clôturé l’année en baisse de 15,7 %.  

Sur 5 et 10 ans 

Que les gestionnaires de portefeuille des caisses de retraite et des fonds communs de placement connaissent de temps à autre une année moche, c’est certes excusable.

Sur 5 ans, la Caisse a rapporté un rendement annualisé de 7,8 %. Et sur 10 ans, le rendement atteint les 8,6 %.

Grâce au rendement passé de Michael Sabia, la Caisse de dépôt a ainsi réussi à dépasser de quelques dixièmes de pourcentage son indice de référence.