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En contrôle de ses émotions en tout temps

Dominique Ducharme
Photo courtoisie Dominique Ducharme a défendu les couleurs des Régents de Laval-Laurentides-Lanaudière, dans la Ligue midget AAA.

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Dominique Ducharme a eu une réponse qui le décrit bien quand on lui a demandé s’il était nerveux à l’approche de son premier match à titre de nouvel entraîneur en chef du Canadien.

« Quand tu es préparé pour ton examen à l’école, tu te fous des questions, a-t-il dit. Tu es nerveux si tu n’as pas étudié. »

Pas plus compliqué que ça.

Les connaissances de Ducharme vous diront qu’il est toujours en contrôle de ses émotions. Parmi ceux-là, on retrouve Martin St-Louis, qui a été coéquipier de Ducharme à ses deux premières saisons avec les Catamounts de l’Université du Vermont, de 1993 à 1995.

Filière québécoise

Ducharme en était à sa troisième année universitaire lorsque St-Louis a débarqué à Burlington avec son grand ami Éric Perrin.

Les Catamounts comptaient six joueurs québécois dans leur formation lors de la saison 1993-1994. Les trois autres étaient les attaquants Nick Perreault de Warwick et Dale Patterson de Gaspé, ainsi que le gardien Tom Vukota de Pierrefonds.

Comme c’est encore le cas aujourd’hui, les universités américaines de l’est faisaient du recrutement dans la Ligue midget AAA. Ducharme a joué avec les Régents de Laval-Laurentides-Lanaudière, comme en fait foi la photo dans cette page, tout comme St-Louis et Perrin après lui.

Les trois ont ensuite fait le pont avec les Hawks de Hawkesbury, de la Ligue junior centrale de l’Ontario, avant de prendre le chemin du Vermont.

Grand calme

À leur première saison ensemble (1993-1994) avec les Catamounts, les Lavallois St-Louis et Perrin, le Joliettain Dominique Ducharme et le Warwickois Nick Perreault ont accaparé les quatre premiers rangs des marqueurs de l’équipe.

« Dominique était un gars très calme et il l’est toujours », m’a dit St-Louis quand je l’ai appelé hier après-midi.

L’ancien porte-couleurs du Lightning de Tampa Bay et des Rangers de New York était à bord d’un vol privé à destination d’Ann Arbor, dans le Michigan, où son fils aîné Ryan est membre du programme national de développement américain.

« J’ai toujours aimé le comportement de Dom », a continué Saint-Louis. 

« Il est d’humeur égale en toutes circonstances. Il ne s’emballe pas quand son équipe gagne et il ne se décourage pas dans la défaite. »

Étudiant du jeu

Ducharme était joueur de centre. 

Après quatre saisons au Vermont, il a disputé deux saisons dans la ECHL, participant au passage à quelques matchs avec les Aces de Cornwall, de la Ligue américaine. 

Il a évolué ensuite dans l’ancienne Ligue senior du Québec avec le Blizzard de Saint-Gabriel, le Mission de Joliette et les Royaux de Sorel. Il s’est ensuite tourné vers le coaching.

« Dom aurait joué plus longtemps s’il avait eu un meilleur coup de patin », de raconter St-Louis.

« Il avait un très bon tir. Il entrait toujours en zone adverse avec la rondelle. Il était très bon passeur. Malgré son manque de vitesse, il arrivait toujours au bon endroit au bon moment.

« Sa bonne lecture du jeu compensait son handicap. C’était un joueur très intelligent. »

Grand frère

Ducharme a pris St-Louis et Perrin sous son aile à leur arrivée au Vermont.

« Il n’hésitait pas à nous aider », raconte St-Louis.

« À titre d’étudiant de troisième année, il était ce qu’on surnomme un junior dans le jargon sportif universitaire américain. Il nous a montré comment les choses fonctionnaient à l’université. »

St-Louis parlait peu l’anglais au début, ce qui n’est pas facile pour un jeune qui fait ses études dans une langue étrangère. Joé Juneau, qui étudiait l’ingénierie, imaginez !, à l’institut polytechnique RPI, ne disait pratiquement pas un mot d’anglais à sa première session.

« J’étais loin d’être bilingue à mon arrivée à Burlington », a enchaîné St-Louis.

« Mais je me consolais puisque Dom avait encore de la misère et il était là depuis trois ans. Ce n’était pas toujours facile pour nos cours. J’ai travaillé fort pour suivre mes cours et apprendre l’anglais. »

S’il ne pouvait prédire à ce moment-là que Ducharme deviendrait entraîneur, St-Louis savait par contre que son coéquipier avait une bonne tête de hockey.

« Il avait toujours des idées pour des schémas de jeu », s’est-il rappelé.

« Il pouvait donner son opinion sur le jeu en supériorité numérique par exemple. Il regardait aussi les stratégies défensives de nos adversaires. Quand il était sur la glace, ça passait souvent par lui. »

Toujours en contact

Même si leurs chemins se sont séparés après l’université, les deux hommes ont maintenu le contact. Ils se parlent une ou deux fois par année.

St-Louis n’est pas tombé de sa chaise quand il a appris la nomination de Ducharme, mercredi. Il lui a envoyé un texto pour le féliciter.

« Je suis heureux pour lui, il mérite sa chance », a dit St-Louis.

« J’ai suivi sa progression dans le rôle d’entraîneur. Il a commencé comme adjoint au niveau junior avant de devenir entraîneur en chef. Il a remporté la coupe Memorial et le championnat mondial junior. »

Dans le petit monde du hockey, il n’est pas dit que les chemins de Ducharme et de St-Louis ne pourraient pas se croiser à nouveau. Entraîneur de ses trois garçons depuis sa retraite de la compétition il y a six ans, St-Louis est intéressé par une carrière d’entraîneur.

Il y a quelques années, il a travaillé brièvement pour son ancien entraîneur John Tortorella avec les Blue Jackets de Columbus.

À la blague, j’ai lancé à St-Louis qu’il pourrait venir seconder son ami Ducharme à Montréal ou qu’il pourrait appeler d’autres de ses nombreuses connaissances pour trouver un poste.

« Ils savent où me trouver ! » a-t-il conclu en riant.