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Fermeture des piscines durant la relâche: les hôteliers en furie

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À quelques heures des vacances de la semaine de relâche, les hôteliers du Québec en zone rouge ont appris qu’ils ne pourront pas rouvrir leur piscine dans les prochains jours. Une décision qui ne passe pas.

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«Les hôtels viennent d’investir beaucoup d’argent dans des campagnes de publicité pour la semaine prochaine», a indiqué au Journal Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec.    

Elle craint maintenant que plusieurs familles annulent leur séjour, alors que l’industrie souffre déjà des impacts de la pandémie. «Ce sont encore des pertes phénoménales dans une année difficile», poursuit-elle, précisant que des mesures avaient été mises en place pour protéger les clients.    

C’est par un décret du gouvernement, nullement discuté auparavant, que les hôteliers ont appris la mauvaise nouvelle. Cette dernière leur a été confirmée par le ministère du Tourisme, vendredi.   

Selon le Parti libéral, le gouvernement Legault fait preuve «d’improvisation» et de «manque de cohérence» dans ce dossier. Il s’agit aussi d’un manque de respect envers l’industrie, «qui a raison d’être en furie».  

«Ça fait un an que les hôteliers mangent des coups. Là, ils voyaient une semaine d’espoir à l’horizon. On vient d’anéantir leur profit et les vacances de plusieurs familles», a déclaré au Journal la porte-parole de l’opposition officielle en matière de tourisme, Isabelle Melançon 

Interdit

Vendredi matin, la compréhension de l’industrie après des discussions avec le gouvernement était que l’accès aux piscines devait être bloqué dans tous les hôtels, peu importe la zone dans laquelle les établissements se trouvent.  

Initialement, les hôtels en zone rouge devaient pouvoir ouvrir leur piscine intérieure à partir du 26 février.  

En fin de journée vendredi, la Santé publique a confirmé par communiqué que les piscines d’hôtels devront rester fermées en zone rouge, elles pourront toutefois demeurer ouvertes dans les établissements en zone orange. Comme prévu, les piscines municipales pourront ouvrir leurs portes.    

«C’est vraiment désolant comme situation. Après l’année de misère que nous avons traversée, je perçois ça comme une punition», a confié Chantal Riopel, dg du Delta Montréal, un hôtel de 456 chambres au centre-ville. 

Comme toute l’industrie, l’établissement se préparait depuis dix jours à l’ouverture autorisée de leur piscine pour la semaine de relâche. Les installations ont été préparées de fond en comble, les sauveteurs ont été rappelés, et des promotions ont même été mises de l’avant. 

Au Delta, on avait décidé de tenir un livre de réservation afin que la piscine ne soit jamais utilisée par plus d’une bulle familiale à la fois. « Nous avions à cœur la sécurité de tous. Mais tout cela ne compte plus», se désole Mme Riopel qui devait appeler ses clients un à un vendredi pour leur annoncer la mauvaise nouvelle. « C’est une chose de l’annoncer aux parents. Mais étant mère moi-même, je suis capable d’imaginer la déception qui les attend sur le visage de leurs enfants. Ce n’est vraiment pas drôle.» 

La frustration se fait aussi sentir du côté de l’Association Hôtellerie Québec.  

«Maintenant, des milliers de clients, partout au Québec, se frapperont à une porte close, alors qu’ils avaient réservé pour en profiter», a avancé le directeur des communications, Nicolas Dufour. «C’est arbitraire et inéquitable, quand on sait que les piscines municipales, elles, resteront ouvertes. On cherche encore la différence entre les deux installations», dit-il, ajoutant que plusieurs membres de son association sont «révoltés». 

Adopté en pleine nuit 

Ève Paré, PDG de l’Association des hôtels du Grand Montréal, ne comprend pas qu'une décision d’une telle importance ait pu être ainsi adoptée en pleine nuit, sans consultation préalable et sans le moindre avertissement.    

«Le décret a été adopté à 2h du matin vendredi et c’est par la police que les hôteliers l’apprennent aujourd’hui, a déploré la représentante de l’industrie hôtelière dans la grande région de Montréal. Au minimum, on se serait attendus à un appel du ministère du Tourisme pour nous prévenir. Mais c’était visiblement trop espérer de ce ministère et de son cabinet.»  

Prise de court, Mme Paré a dû annoncer la nouvelle à ses membres.

«Cela fait des jours qu’ils se préparent pour la réouverture des piscines... Et, parce que le gouvernement n’a jamais annoncé ce changement de cap, ce sont eux qui devront expliquer cela aux familles qui espéraient profiter d’une belle semaine à l’hôtel pendant la relâche qui débute aujourd’hui.»    

Du côté de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, son attachée de presse, Sandra O’Connor, a mentionné qu’il s’agit d’une décision qui a été prise par la Santé publique. «Le cabinet a appris la décision de la Santé publique de fermer les piscines intérieures des hôtels, jeudi soir». 

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