/opinion/columnists
Navigation

Racisme: le ministre pourrait vous surprendre

Quebec
Photo Stevens LeBlanc et d'archives Charette fait partie de cette cohorte de ministres que j’appellerais les discrets. Discrets et... efficaces. La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel fait partie de ce groupe restreint.

Coup d'oeil sur cet article

François Legault en a surpris plus d’un en nommant Benoit Charette ministre responsable de la Lutte au racisme. 

Des communautés culturelles s’interrogeaient sur la pertinence de nommer un homme blanc. Des écologistes s’inquiétaient que celui déjà responsable de la lutte aux changements climatiques soit écartillé ainsi. 

Legault, comme ça lui arrive souvent, avait une formule toute faite : la lutte au racisme est l’affaire de tout le monde, pas juste des minorités. 

Deux de ses ministres, eux-mêmes issus des minorités visibles, Nadine Girault et Lionel Carmant, auraient refusé. Ils sont parmi les ministres les plus respectés, et dont les c.v. sont des plus impressionnants. On peut aisément comprendre leur désir d’éviter d’être catégorisés en fonction de leurs origines et cantonnés dans ce dossier. 

EFFICACES. 

Charette fait partie de cette cohorte de ministres que j’appellerais les discrets. Discrets et... efficaces. 

La Présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel fait partie de ce groupe restreint. Sans tambour ni trompette, elle a produit un important document appelant pour la reconnaissance de ce qui devrait être pourtant une évidence : le français est la langue minoritaire du Canada. 

Deux semaines plus tard, cette évidence était reconnue dans le document de la ministre Mélanie Joly sur les langues officielles. Une révolution de pensée pour Ottawa. Une réussite pour LeBel. 

Benoit Charette est membre d’un gouvernement pour lequel l’environnement est tout sauf prioritaire. Le Québec va rater ses cibles de réduction des gaz à effet de serre. Legault a même essayé de tirer prétexte de la reprise post-pandémie pour saborder des garanties environnementales. 

VICTOIRES. 

Pourtant, toujours discrètement, Charette vogue de petite victoire en petite victoire dans le domaine du développement durable. Il a réussi deux coups qui sont passés largement sous le radar, mais qui risquent de produire des effets importants. 

Les hauts fonctionnaires seront dorénavant évalués sur leur capacité de respecter la Loi sur le développement durable lorsqu’il s’agit de déterminer leur traitement, et chaque document d’orientation au Conseil des ministres doit maintenant inclure une évaluation de sa conformité avec cette Loi. 

Sa vision pour le développement de la filière hydrogène est prometteuse. Les pays les plus avancés en matière de lutte cotre les changements climatiques, dont le Royaume-Uni, misent gros sur l’hydrogène, et le Québec, avec sa richesse en énergie propre et renouvelable, l’hydroélectricité, peut devenir un chef de file mondial. 

Charette sera secondé par le très compétent Chris Skeete, seul anglophone du caucus de la CAQ et lui aussi issu d’une minorité visible. Les craintes que Charette sera obligé de délaisser environnement pour s’occuper aussi de ses nouvelles fonctions me semblent prématurées. 

C’est surtout son discours, lors de sa nomination, qui donne confiance que Charette peut assumer aussi le rôle central dans la lutte au racisme. Il a de l’expérience première main avec le racisme vécu par sa femme et lui. Des collègues ayant travaillé avec lui dans un important groupe représentant la communauté juive n’ont que des éloges pour sa vision généreuse et inclusive. 

Charette risque de confondre les sceptiques.