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Amnistie internationale a perdu sa boussole

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Étudiant au cégep, j’avais participé à quelques activités d’Amnistie internationale. L’organisme jouait un rôle important pour dénoncer le sort des prisonniers d’opinion et défiait les régimes autoritaires pour obtenir leur libération.

J’aimais bien cet organisme, comme j’ai bien aimé l’offensive qu’il a menée pour défendre les droits de Raïf Badawi. Badawi est l’exemple flagrant d’un individu qui n’a commis aucun crime et qui se retrouve incarcéré strictement en raison de ses écrits. Parce que ses convictions politiques écorchent l’image du régime saoudien.

Quelle ne fut pas ma surprise de lire cette semaine que l’organisme Amnistie internationale ne considérait plus l’opposant russe Alexeï Navalny comme un prisonnier d’opinion ! Pourtant Navalny est probablement le prisonnier d’opinion numéro un du moment.

Après avoir dénoncé Poutine

Alors qu’il rentre dans son pays après s’être fait soigner en Allemagne pour un « mystérieux » empoisonnement, son avion est détourné et il est amené dans un aéroport où on l’arrête. Les autorités russes n’ont rien de concret contre lui si ce n’est que ses propos pourraient soulever la révolte des Russes.

En effet, il a diffusé les images de ce qui apparaît comme le palace royal de Vladimir Poutine sur le bord de la mer Noire. Poutine nie, mais personne ne peut clarifier à qui appartient vraiment le domaine archiluxueux. Tout cela dans un pays où les assassinats et les empoisonnements de leaders d’opposition sont presque devenus monnaie courante.

Selon les dernières informations, non seulement il sera emprisonné sans justification valable, mais il sera transféré dans un camp de travail. Du matériel pour Amnistie internationale.

Alors pourquoi après certaines démarches pour obtenir sa libération Amnistie internationale ne le considère-t-elle plus comme un prisonnier d’opinion ? Parce qu’il aurait tenu il y a vingt ans des propos nationalistes et anti-immigration. Des positions qu’il ne tient plus aujourd’hui de toute façon. Il est emprisonné pour ses opinions, mais Amnistie internationale ne le considère plus comme un prisonnier d’opinion parce qu’elle n’aime pas ses opinions... d’il y a vingt ans. Spécial, non ?

Le concert des causes entendues

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’organisme Amnistie internationale a perdu sa boussole et est devenu un ixième mouvement de la gauche dite « woke ». Sur le site web de l’organisme, on parle de moins en moins des prisonniers d’opinion et de plus en plus de tous les thèmes de gauche à la mode.

L’environnement, le racisme partout, la violence policière, les coupes forestières, tout cela enveloppé sous le couvert des droits de la personne. Un organisme de plus pour redire les refrains de cette gauche qui se radicalise. Un organisme de moins pour défendre les causes les plus fondamentales pour quiconque croit à la démocratie et à la liberté.

Rappelons le combat d’Amnistie internationale contre la loi 21 sur la laïcité au Québec. Amnistie s’inquiète plus d’un gouvernement élu qui encadre la laïcité pour ses employés en autorité que de voir un leader de l’opposition emprisonné dans un camp de travail dans un régime autoritaire. Bienvenue en 2021 !